Le calcul et la lecture, des fondamentaux essentiels

calcul

Le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco), a publié 12 fiches synthétiques sur ses principales propositions pour améliorer le système scolaire et favoriser la réussite des élèves d’après ce qu’il a évalué depuis sa création il y a trois ans. Dans ces fiches on retrouve deux fondamentaux essentiels : le calcul et la lecture. Deux notions que l’on apprend en bas âge et qui sont déterminantes pour l’avenir.

Améliorer l’apprentissage des nombres et du calcul en primaire

La maitrise de ces fondamentaux est nécessaire dans le parcours scolaire des élèves et ensuite dans la vie de tous les jours et la vie professionnelle. Cependant de nombreuses études démontrent qu’aujourd’hui ces notions ne sont souvent pas bien acquises et que les élèves rencontrent des difficultés récurrentes. Le Cnesco préconise huit recommandations pour y remédier. Parmi celles-ci, des choses à mettre en place dans les salles de classe en utilisant notamment la manipulation d’objets tout au long du primaire et pas seulement en maternelle et en s’appuyant sur l’oral, mais également à la maison en encourageant les parents à proposer à leurs enfants des situations ludiques contribuant à l’apprentissage des nombres mais aussi utiliser des ressources en ligne qui peuvent être utilisées pour poursuivre le travail effectué à l’école.

 

Comprendre ce que l’on lit

Comme le calcul, la maitrise de la lecture et sa compréhension est un élément essentiel de la réussite scolaire. Malheureusement là aussi de nombreux enfants et jeunes rencontrent des difficultés. D’après différentes études menées le constat est alarmant : en 2015 40 % des élèves sont en difficulté à la fin du primaire, à l’entrée en 6e un élève sur cinq avait des difficultés liées à la connaissance de mots du langage courant et 40,5 % des élèves de 15 ans et plus ne maitrisent pas la lecture. Les recommandations du Cnesco s’articulent autour de 6 axes :
– Identifier les mots
– Développer la compréhension
– Préparée l’entrée en littérature
– Lire pour apprendre
– Lire à l’heure numérique
– Prendre en compte la diversité des élèves
Ces différents axes ont pour but d’aider les jeunes dans l’apprentissage de la lecture et dans l’acquisition du vocabulaire nécessaire pour la compréhension.

Le programme sur l’éducation d’Emmanuel Macron

 

Emmanuel Macron

Emmanuel Macron a dévoilé jeudi 2 mars son programme pour les présidentielles de 2017. Parmi les thèmes abordés, l’éducation. Le candidat du mouvement En Marche souhaite ‘une école qui garantisse la réussite de tous et l’excellence de chacun’. Pour cela il est selon lui nécessaire de donner la priorité aux fondamentaux et que les élèves qui sortent du lycée soit aussi bien prêt à s’intégrer rapidement professionnellement qu’à poursuivre leurs études. Voici les mesures qu’il propose pour y parvenir.

Pour Emmanuel Macron, il est important de relacer les élèves au cœur du débat et des réformes de l’éducation nationale. « Les élèves sont trop souvent les oubliés des réformes de notre Education Nationale. Notre principal objectif, celui qui doit présider à toute décision, c’est donc avant tout la réussite et l’épanouissement de chaque élève » explique-t-il. Pour Emmanuel Macron, l’éducation est la clé de la cohésion sociale et de la prospérité de la France. Il convient selon lui de réduire les inégalités qui se creusent à l’école.

 

Les propositions d’Emmanuel Macron

Pour le candidat la priorité doit être donnée à l’acquisition des fondamentaux en maternelle et en primaire puis à l’accompagnement personnalisé et à l’orientation au collège. Ainsi, il est nécessaire selon lui de « donner la priorité à l’apprentissage des fondamentaux ‘lire, écrire, compter’ dans le pré-scolaire, en maternelle et au primaire ». Pour y parvenir, il propose notamment de poursuivre la création de places en crèches et de diviser par deux les effectifs des classes de Cp et CE1 en REP et REP+. Il propose également de mettre en place au début de chaque année scolaire, des bilans personnalisés de la grande section jusqu’à la 3e pour aider les enseignants à pouvoir mesurer les progrès de chaque élève.

Par ailleurs, Emmanuel Macron désire renforcer l’accompagnement et les dispositifs d’orientation au collège et au lycée. Il souhaite également remettre en place le dispositif d’accompagnement après la classe pour venir en aide aux élèves en difficultés. Enfin, le candidat souhaite garantir à chaque jeune Français une insertion professionnelle réussie. Pour Emmanuel Macron, cela passe notamment par une intensification de l’apprentissage et souhaite donner les moyens pour que celui-ci fonctionne : « nous ferons un effort massif pour l’apprentissage. Nous développerons les périodes de pré-apprentissage, et les filières en alternance dans tous les lycées professionnels. Nous impliquerons pleinement les branches professionnelles dans la définition des programmes et l’organisation des formations ».

Toutes ces propositions s’accompagnent de mesures d’accompagnement et de formation du corps enseignant tout en souhaitant laisser plus de champ libre aux équipes pédagogiques pour qu’elles puissent s’adapter à leurs élèves.

 

M Roizard

Le bilan de Najat Vallaud-Belkacem

bilan Najat Vallaud-Belkacem

La ministre de l’éducation nationale s’est rendue chez France Inter lundi 6 février dernier pour défendre son bilan. Un bilan dont elle est fière. Cependant un professeur membre du collectif ‘Touche pas à ma ZEP’ et la secrétaire d’une association de parent d’élèves en zone rurale ont soulevé des points pour lesquels ses réponses manquaient de précision.

C’est la fin du quinquennat et l’heure est au bilan. La Ministre de l’éducation nationale n’échappe pas à la règle et a été défendre son bilan lors d’une matinale de France inter. « Le quinquennat va s’achever sur un bilan en matière d’éducation dont je suis éminemment fière » affirme Najat Vallaud-Belkacem. Elle rappelle alors quelques mesures efficaces qui ont été prises par le Gouvernement. « Nous avons redressé une situation qui était catastrophique quand nous sommes arrivés, et réinscrit notre école dans une histoire de réussite mais qu’on ne pourra évaluer que dans cinq ans évidemment si tout cela n’est pas détricoté » explique-elle- au micro de France Inter. Parmi les mesures prises durant ce quinquennat il y a eu la préscolarisation de 30 000 enfants de moins de 3 ans ou encore la réforme du collège qui permet à tous les élèves de pratiquer des langues vivantes et des langues anciennes.

 

La ministre interpellée sur les lycées en zone d’éducation prioritaire

Un auditeur, professeur dans un lycée de ZEP a contacté la ministre pour évoquer le cas des lycées dans les zones défavorisées. Si le primaire et les collèges ont été retravaillés durant le quinquennat et les zones redéfinies, ce n’est pas le cas des lycées, grands oubliés de la réforme.

 

« Voir notre article sur le sujet le mois « Touche pas à ma ZEP », l’éducation prioritaire dans les lycées »  

 

Le professeur qui contacte la ministre affirme que le collectif n’a jamais été reçu par le ministère. Il soutient également et avoir constaté une baisse des dotations des lycées en ZEP. Najat Vallaud Belkacem lui répond que le collectif Touche pas à ma ZEP a été reçu à de nombreuses reprises, qu’aucun moyen n’a disparu et que, mieux encore, plus de moyens seront mis en place dès la rentrée avec 450 emplois supplémentaires.

Tout cela reste très flou, et ne verra pas le jour avant la rentrée 2017, où elle ne sera plus là, sauf peut-être si Benoit Hamon est élu. Par ailleurs, le collectif a été reçu par la direction générale de l’enseignement scolaire mais pas par le cabinet ministériel. En effet, si deux membres du collectif ont effectivement rencontré un membre du ministère en novembre 2016, C’était au titre de leur mandat syndical et non du collectif qu’ils n’avaient alors pas encore rejoint.

 

La question des classes bilangues

L’autre question soulevée par une auditrice, secrétaire d’une association de parents d’élèves, concerne les classes bilangues. Ces classes qui permettaient aux élèves d’apprendre deux langues étrangères dès la rentrée en 6e ont été supprimées avec la réforme du collège car celle-ci permet à tous les élèves d’apprendre une seconde langue dès la 5e et non la quatrième. L’auditrice signale que dans son collège public la classe bilangues a bien été supprimée mais qu’à sa grande surprise une autre devrait être ouverte dans le collège privé voisin. La ministre lui a répondu : « Ce que vous décrivez est absolument impossible, pour une raison simple, les collèges privés appliquent la réforme du collège exactement de la même façon que les collèges publics ». Et pourtant, le directeur du collège privé du village annonce effectivement sur son site internet une ouverture de classe bilangue à la rentrée prochaine et le collège public a bien vu sa classe supprimée en septembre 2016 avec l’application de la réforme.

Le Monde a été enquêter et on peut lire sur son site que le ministère explique que rien n’est encore fait mais qu’il est effectivement question d’une ouverture de classe. Toutefois pour que cette classe ouvre il faudrait que les élèves qui l’intègrent aient déjà été sensibilisés à l’allemand en primaire. Il s’agirait ainsi d’une classe de continuité, qui ont elles été maintenues, et non d’une classe bilangues.

 

‘Pas d’éducation, pas d’avenir’ : sensibiliser les jeunes

pas d'éducation, pas d'avenir

Du 1er février au 30 juin, a lieu dans les écoles la campagne ‘Pas d’éducation, pas d’avenir’. Cette campagne, organisée par deux associations, en faveur du droit pour tous à l’éducation est soutenue par le ministère de l‘éducation Nationale.

Aujourd’hui dans le monde, plus de 60 millions d’enfants ne vont pas à l’école. La campagne ‘Pas d’éducation, pas d’avenir’ créée en 1946 par la ligue de l’enseignement et soutenue par le ministère a pour but notamment de sensibiliser les jeunes à cette réalité et de financer des projets concrets pour permettre au plus grand nombre d’accéder à l’éducation.

 

Sensibiliser les jeunes aux disparités mondiales de l’éducation

Cette campagne est l’occasion de sensibiliser les jeunes de l’école au lycée sur cette problématique liée à l’éducation dans le monde, aux questions de citoyenneté et de solidarité. Pour aider les enseignants dans ce dispositif, des outils pédagogiques sont mis à disposition sur le site de la campagne. De même la ligue de l’enseignement propose d’accompagner les écoles et les enseignants dans la mise en place d’initiatives visant à développer l’éducation dans le monde.

 

Sensibiliser les jeunes à la différence de l’éducation

Le but de cette campagne est notamment de montrer aux jeunes que tout le monde n’accède pas à l’école avec la même facilité. Parmi les ressources pédagogiques disponibles, la série de 26 documentaires « Chemins d’école, chemins de tous les dangers », diffusée sur Arte, permet de comprendre que l’accès à l’école n’est pas aussi facile pour les uns que pour les autres, ne serait-ce que d’un point de vue géographique. Ces épisodes montrent bien que les enfants ont une grande soif d’apprendre et ne redoutent pas de marcher des heures à pied, ou de partir à cheval pour traverser des rivières gelées pour aller apprendre à l’école parce qu’ils savent que cela peut leur offrir un avenir meilleur. Un ‘serious game’ a été développé par France TV pour venir en complément éducatif de cette série avec deux niveaux de jeu, primaire et collège.

 

M Roizard

Apprendre à décoder l’information

décoder l'information

Aujourd’hui grâce à internet nous sommes abreuvés de sources d’informations, plus ou moins fiables, et en grande quantité. Un groupe de journaliste du journal Le Monde a proposé d’aller rencontrer des élèves en classe pour les aider à décoder l’information qui les entoure. Une opération qui connaît un réel succès.

 

Le journal Le Monde a déjà mis en place des actions pédagogiques comme ‘Decodex’ pour pouvoir vérifier une source ou encore une rumeur qui circule sur les réseaux sociaux. L’objectif est de permettre aux lecteurs, même moins avertis, de comprendre l’information qu’il trouve sur internet et de vérifier sa véracité avant de la diffuser sur les réseaux sociaux. Dans sa lancée, le quotidien a publié un guide pédagogique notamment à destination des enseignants pour que ceux-ci puissent s’en servir pour aider leurs élèves à décrypter les informations dans les médias. Parallèlement, des groupes de journalistes interviennent dans des classes de collèges et lycées à la demande d’enseignants pour sensibiliser les élèves à ce décryptage des médias et à l’importance de vérifier les informations avant de les transmettre. Deux jours seulement après avoir lancé la proposition, le quotidien a reçu plus de 200 demandes en provenance de la France entière. Preuve que cette démarche est nécessaire et attendue.

L’importance de décoder l’information

Le Monde explique dans son guide qu’il lui a semblé essentiel de publier ce « kit pour dénicher les fausses informations » et d’entamer cette démarche pédagogique. L’objectif est de donner les clés de compréhension pour décrypter l’information, même à des lecteurs moins avertis. « La question est d’autant plus grave à une époque où de fausses informations, rumeurs et autres complots sont diffusés à grande échelle sur les réseaux sociaux, ces plates-formes d’échanges devenues médias, et où les recommandations de nos contacts valent la hiérarchie de l’information » peut-on lire dans l’introduction. À titre d’exemple, en novembre 2016, Facebook a été accusé d’avoir influencé les résultats de l’élection américaine. « Au-delà de notre travail quotidien de journaliste, il nous a semblé essentiel de revenir à la base du problème et d’expliquer aux adolescents, particulièrement vulnérables aux fausses nouvelles, ce qu’est une information, pour qu’ils apprennent à adopter, pour eux-mêmes, des réflexes journalistiques ». Ces premiers outils de décryptage mis à disposition par Le Monde sont les prémices d’un projet pédagogique encore plus ambitieux prévu par quotidien qui verra le jour à la rentrée de septembre 2017.

 

M Roizard

Des mesures en faveur des Atsems

atsems

Le Gouvernement devrait annoncer ce lundi 13 février 2017, des mesures à propos des conditions de travail des ATSEM, les agents territoriaux spécialisés dans les écoles maternelles. France Info révèle qu’après deux grèves en deux mois, ils auraient été entendus par le Gouvernement et qu’il accèderait à de nombreuses requêtes.

60 000 Atsem travaillent en France, à 99% des femmes, et aident les instituteurs de l’école maternelle à prendre soin des enfants de 3 à 6 ans. Ces agents territoriaux réclamaient au gouvernement deux choses principales : une revalorisation de leur salaire avec une possibilité d’évolution de carrière et une redéfinition de leur rôle. Ce métier aux contours très vagues n’a pas évolué depuis sa création même lors de la réforme du rythme scolaire alors que les missions ont changé et les Atsems souhaitaient que cela change. Ils ont finalement été en partie entendus.

Pas de réévaluation de salaire mais une possibilité d’évolution

Les Atsem réclamaient une hausse de leur rémunération. À priori, il n’est pas prévu qu’ils aient droits à un salaire plus élevé. Cependant, ils devraient pouvoir évoluer au cours de leur carrière de la catégorie C, la plus basse de la fonction publique, à l’échelon supérieur : la catégorie B. Par ailleurs les Atsems devraient pouvoir bénéficier du droit au reclassement. Cela signifie que la pénibilité de leur travail serait reconnue leur donnant ainsi la possibilité d’être reclassé dans la commune sur un poste d’agent administratif par exemple.

Des missions mieux définies

Si la mission principale des Atsem est de venir en aide aux instituteurs, de nombreuses autres tâches leur incombent notamment depuis la réforme du rythme scolaire. « De plus en plus d’Atsem assurent des missions qui relèvent de la prédagogie » a constaté Philippe Laurent, trésorier de l’Association des Maires de France et auteur d’un rapport remis au Gouvernement. Et selon les communes les missions diffèrent grandement. Certains Atsem peuvent faire le ménage, l’accueil du matin, la garderie du soir, la cantine… La fiche de poste n’est pas précise.

Annick Girardin, ministre de la Fonction publique devrait donc annoncer une série de mesures permettant de mieux définir leur rôle et de faire évoluer leur statut.

Et si on tuait le mammouth ? Ou comment réformer l’Éducation nationale

 

-et si on tuait le mammouth

Soazig Le Nevé et Bernard Toulemonde, auteurs de l’ouvrage « Et si on tuait le mammouth ? Les clés pour (vraiment) rénover l’éducation nationale » publié le 5 janvier, dressent un portrait critique de l’éducation nationale et lancent des pistent pour réformer en profondeur le système. Il ne s’agit plus là de « dégraisser le mammouth » mais carrément de le tuer. Des propositions tranchées et sans langue de bois, quitte à ne pas plaire à tout le monde.  

 

« Tuer le mammouth »

La comparaison de cette institution avec le mammouth date de 1988. En effet à cet époque Bernard Toulemonde l’avait d’ores et déjà utilisé dans l’un de ses livres et le ministre Claude Allègre l’avait reprise pour dire qu’il fallait « dégraisser le mammouth ». Il semblerait qu’en presque 30 ans, rien ne se soit produit. « Le mammouth résiste, engraissé par des ministres qui n’osent le réformer en profondeur, par des syndicats majoritaires bureaucrates et par une gestion du meilleur archaïsme. Préhistorique ! L’Éducation nationale a besoin d’un électrochoc : il faut tuer le mammouth ». Bernard Toutlemonde, ancien recteur et directeur général de l’enseignement scolaire et Soazig Le Nevé, journaliste, suggèrent dans leur ouvrage une réforme en profondeur de l’Éducation Nationale. Les réformes qu’ils proposent sont controversées, mais pour les auteurs il est nécessaire de prendre le mammouth par les cornes et de modifier le fonctionnement de l’Éducation nationale.

 

Des mesures nécessaires

Pour Bernard Toulemonde deux grands axes sont importants. Le premier est de décentraliser les prises de décision et le second est de donner plus d’autonomie aux établissements. « Les établissements scolaires reçoivent 225 circulaires par an pour 180 jours d’ouvertures. Cela fait plus d’une circulaire par jour, comment voulez-vous que cela fonctionne ? » s’interroge l’ancien recteur sur France Inter. Par ailleurs la proximité géographique des décisionnaires aiderait à mieux cerner les besoins qui sont différents selon si vous êtes en banlieue, en centre-ville, en campagne, dans le Nord ou dans le Sud. Pour eux une proximité des décideurs avec les établissements est essentielle.

 

Plus d’autonomie pour les établissements

L’autonomie des établissements est selon les auteurs un remède nécessaire pour améliorer le fonctionnement du système scolaire. Les établissements devraient pouvoir évaluer le temps indispensable à chaque programme mais avec le même objectif. L’idée n’est pas de baisser le niveau selon la situation géographique mais de pouvoir adapter les moyens et le temps nécessaire pour y parvenir.

Par ailleurs, les auteurs suggèrent de profiler les postes et que les établissements puissent sélectionner leurs professeurs. Ceci pour éviter notamment que ce soit en grande partie des enseignants novices qui se retrouvent dans les établissements difficiles et que les pontes de l’enseignement ne soient réservés qu’aux collèges et lycées de centre-ville. Environ 45 % des jeunes professeurs tout juste diplômés se retrouvent en zone prioritaire sans les armes nécessaires pour prodiguer un enseignement de qualité devant un public pas toujours très réceptif. Cette pratique a été même été qualifiée de « bizutage sévère ». Expédition punitive pour ces jeunes enseignants mais ce ne sont pas les seuls à pâtir de ces pratiques, les élèves aussi en payent le prix.

Pour les auteurs l’intérêt est double : il permettrait aux établissements de créer des équipes pédagogiques sur lesquels s’appuyer mais également aux professeurs de savoir où ils mettent les pieds et ce que l’on attend réellement d’eux. Le corps enseignant est assez hostile à cette proposition, craignant que cela n’accentue les inégalités. Argument entendu par les auteurs de l’ouvrage mais qui suggèrent également de doubler le salaire des professeurs dans ces établissements difficiles pour attirer également de bons professeurs et limiter le turn-over.

 

Pour aller plus loin

Ecouter l’émission de France Inter sur le sujet 

Et si on tuait le mammouth, publié en janvier 2017 aux Editions de l’Aube, 248 p, 21€

 

M Roizard

 

« Touche pas à ma ZEP », l’éducation prioritaire dans les lycées

ZEP

Les professeurs d’un grand nombre de lycée en Zone d’éducation prioritaire ZEP étaient de nouveau en grève dès le jour de la rentrée, mardi 4 janvier, pour demander des moyens supplémentaires et éviter les classes surchargées. Pour les enseignants, les lycées en Zone d’éducations Prioritaire, ZEP sont les grands oubliés de la réforme de l’hiver 2013.

De la ZEP au REP

Pendant l’hiver 2013-2014, Vincent Peillon, alors ministre de l’éducation Nationale a proposé une réforme de l’éducation prioritaire pour réduire les inégalités entre les élèves. « L’inégalité face à l’éducation est la première des injustices contre lesquelles nous devons lutter. Or elle s’est accrue ces dernières années. La refondation de l’École de la République que nous avons engagée depuis plus d’un an est tout entière tournée vers l’ambition de rendre notre École plus juste, de faire qu’elle soit exigeante et bienveillante avec tous les élèves, pour les porter au plus haut de leurs possibilités. La difficulté scolaire est aujourd’hui concentrée sur certains établissements, où les élèves sont le plus souvent issus de familles défavorisées. Lutter contre ces inégalités est l’affaire de la société dans son ensemble, mais l’École doit en prendre pleinement, résolument sa part. C’est ma volonté. C’est pourquoi il est impératif d’engager un plan sans précédent pour refonder l’éducation prioritaire, et de faire comprendre à chacun que la justice n’est pas l’ennemie de l’excellence mais sa condition. » C’est ainsi que les ZEP se sont transformées en REP (réseau d’éducation prioritaire).

 

Une réforme qui ne concerne pas les lycées

Cette réforme a été bien accueillie et n’est pas remise en cause, seul problème, elle ne concerne que le primaire et le collège. « Les lycées ne sont pas pris en compte et ça fait deux ans qu’on nous dit que ça doit arriver » témoigne Clément Airaud, professeur de science physique et membre du collectif ‘Touche pas à ZEP’. Les lycées de ZEP se mobilisent donc depuis pour ne pas être oubliés par cette réforme. Pour Marc Douaire, président de l’Observatoire des zones prioritaires, « Les choses se jouent en primaire, pas au lycée. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de problème en lycée, mais on ne peut pas donner le label éducation prioritaire comme si c’était le sésame, chaque fois que des enseignants rencontrent des difficultés » peut-on lire dans les pages du quotidien les Echos.

 

Ce que souhaite le collectif « Touche pas à ma ZEP »

Pour l’instant le collectif a obtenu 450 postes supplémentaires et une clause de sauvegarde jusqu’en 2019. « Nous ne savons même pas où seront mis ces postes, s’indigne Clément Airaud au micro de France Inter, on ne veut pas de mesure exceptionnelle, on veut une carte des lycées prioritaires avec des effectifs réduits dans les classes ». Pour le collectif ‘Touche pas à ma ZEP’, le débat se situe là. Les élèves en difficultés ont besoin d’être moins nombreux dans les classes pour pouvoir bénéficier de plus d’attention du corps enseignant. « Il y a des élèves qui ont plus de difficultés, ils ont besoin d’accompagnement et d’une stabilité des équipes enseignantes » poursuit le professeur. D’après les études des classes à effectif réduit fonctionnent d’ailleurs. Nadjat Vallaud-Belkacem l’avait d’ailleurs reconnu lors d’une visite dans le lycée Romain-Roullabd de Goussainville dans lequel travaille Clément Airaud, la ministre avait alors « salué les très bons résultats de ce lycée », obtenus grâce à « beaucoup d’accompagnement personnalisé et de travail en petits groupes ».

Le collectif s’inquiète de n’avoir aucune nouvelle du ministère, surtout à l’approche des élections présidentielles et du futur changement de gouvernement.

 

M Roizard

 

Primaire de gauche, ce que les candidats proposent pour l’éducation

primaire de gauche

La primaire de gauche approche et les sept candidats dévoilent leur programme en matière d’éducation notamment. Voici les grandes lignes de leurs propositions.

 

Pour l’école primaire

Certains candidats pensent qu’il est important de commencer la scolarité tôt. Ainsi, Benoit Hamon et Sylvia Pinel veulent rendre la scolarité obligatoire dès l’âge de 3 ans. Par ailleurs, Emmanuel Valls, Vincent Peillon et Benoit Hamon souhaitent même scolariser les enfants de moins de 3 ans dans les Réseaux d’éducation prioritaire (REP). Ce dernier désire par ailleurs que les élèves du CP au CE2 ne soient pas plus de 20 par classe pour faciliter leur apprentissage. Et pour ces mêmes classes, Arnaud Montebourg aimerait que les élèves aient le même instituteur pendant toute la durée du cycle.

 

Au niveau du collège

Jean-Luc Benhamias veut redéployer les moyens accordés aux collèges au cas par cas.  Sylvia Pinel quant à elle, souhaite conserver un collège unique pour un enseignement commun jusqu’à 16 ans. Pour Vincent Peillon, il est important de favoriser la mixité sociale en demandant au privé de participer, et en élargissant les choix de collège.

 

Pour le lycée

Benoit Hamon souhaite étendre la réforme de l’éducation prioritaire aux lycées et proposer un nouveau mode d’affectation et d’orientation en fin de troisième. Quant à Jean-Luc Benhamias, il désire organiser des cours de préparation à l’université en terminale pour préparer les élèves au changement.

 

Pour les enseignants

Dans l’ensemble, les différents candidats souhaitent revaloriser le métier de professeur, recruter plus de personnel ou au moins ne pas le diminuer et réévaluer les salaires du corps enseignant. Par ailleurs, Emmanuel Valls voudrait mettre en place un stage obligatoire d’un jour par trimestre et d’une semaine tous les 3 à 5 ans de remise à niveau. Dans le même esprit, Benoit Hamont souhaite faire bénéficier chaque enseignant de 3, 5 ou 10 jours de formation par année.

 

Les mathématiques peuvent être un jeu d’enfant

mathématiques jeu d'enfant

L’apprentissage des mathématiques pose parfois des difficultés aux enfants et ce, dès l’école primaire. Cela peut renvoyer à des difficultés que l’on a sois même vécus à leur âge. Mais il est important de dé-diaboliser cette matière et de la rendre concrète et ludique. Pour aider son enfant, on peut lui montrer qu’apprendre les maths peut être un jeu d’enfant.

 

Surtout au plus jeune âge, il est facile de se servir des objets du quotidien pour lui apprendre à additionner, soustraire mais également pour lui donner des notions comme croissant / décroissant, ou encore des idées de proportion et même pour les formes géométriques. Tout ce qui nous entoure peut-être source d’apprentissage des mathématiques.

 

Apprendre les mathématiques aux plus jeunes

Pour aider votre enfant à apprendre à compter, additionner et soustraire puis même plus tard multiplier et diviser vous pouvez vous aider d’un boulier. Cet élément visuel aidera votre enfant à intégrer les notions de calcul. Les Légos® fonctionnent très bien également pour découvrir les additions et soustractions. Pour lui apprendre les notions de croissant, décroissant vous pouvez vous servir des jouets qu’il a pour les ranger du plus petit au plus grand par exemple ou inversement. Pour les formes géométriques comme les cubes, les cylindres… faites-lui sentir des objets de ces formes-là. Si vous combinez le concret à ces notions abstraites, ce sera beaucoup plus facile pour votre enfant d’intégrer ces diverses notions mathématiques.

 

Et pour les plus grands

Lorsque l’enfant est plus grand et qu’il commence à apprendre les proportions et les mesures, vous pouvez l’aider à intégrer cela en faisant avec lui de la pâtisserie par exemple. Il pourra alors convertir les décilitres en centilitres, le temps de cuisson d’heure en minutes, peser… Et ainsi appliquer ces notions vues à l’école à la maison sans pour autant avoir l’impression de travailler. Il existe également aujourd’hui des applications sur smartphone ou tablette qui permettent de réviser les mathématiques de manière ludique.

 

M Roizard