Une autre idée d’éducation en banlieue. Partie 1

Faire du soutien scolaire en banlieue, c’est exactement comme être en perdition sur un radeau en haute mer et ne pas pouvoir étancher sa soif. Autour de soi, une immensité aquatique que l’on ne peut consommer, sous peine de hâter son trépas. Ainsi les naufragés crèvent de soif alors qu’ils sont entourés d’eau. C’est pareil pour le soutien scolaire en banlieue.

 

 

En Seine-Saint-Denis, l’échec et le décrochage scolaire sont tellement courants, sont tellement la règle, font partie des meubles, des spécificités locales. L’échec scolaire est quasiment une caractéristique fondamentale du département.

A n’importe qui en France, quand vous dites 93, il vous répondra : violence, immigrés, racaille, échec scolaire.
Et pourtant, il s’agit de destins brisés pratiquement dès le démarrage, dont les conséquences ne pourront qu’être néfastes pour les premiers concernés, leurs proches et surtout la nation les couvant. ça coûte de former et d’entretenir l’échec scolaire, d’en supporter le poids pendant des décennies. Et l’impression laissée est que les institutions ont montré leurs limites à inverser la tendance et à préserver une certaine qualité d’enseignement en France et notamment, dans ces territoires.

Qu’a-t-il été tenté ? Comment ? Y a -t-il un véritable désir de tenter quoi que ce soit ou les choses sont-telles actées et gérées ?

Trêve d’hypocrisies, d’aucuns pourraient se dire qu’il est sans doute utile de maintenir groupé, d’isoler, de confiner, un ilot de médiocrité pour préserver le reste du système éducatif, éviter la gangrène. Application de la stratégie de containment de Brzezinski à l’éducation. Ce que l’on ne peut détruire, contenons, mettons en quarantaine et assumons. Après tout, cela présente bien des avantages idéologiques, politiques non négligeables et soyons cyniques;

 

C’est rarement des flèches qui en sortent, alors, on en ratera bien quelques-unes, mais pour ce que ça nous coûtera financièrement et humainement de les repêcher, il vaut mieux encadrer cette misère scolaire. Et puis, les bons finissent toujours par s’en sortir. Avec ou sans notre appui, ils s’en sortiront. Les autres ? On les calmera avec le RSA.

 

Je reste persuadé que c’est le raisonnement intime de certains personnages chargés d’apporter des solutions à ce désœuvrement social. C’est difficile d’être aussi obtus et incompétents. 40 ans et ils n’ont rien d’autres dans le sac que les mêmes ficelles inopérantes.

 

150000 jeunes en France qui quittent l’école sans diplôme et l’autre beau jacteur combat avec passion et acharnement les rythmes scolaires.

– Docteur, je crache mes poumons à chaque fois que je tousse…

– Je vois, prenez mes kleenex, ça va vous soulager..

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Caricatural ? Je ne crois pas. Mais, comme de millions de personnes, j’ai la sensation de pouvoir apporter d’autres réponses à ce fléau. Car, rien n’a encore été fait pour combattre ce sinistre scolaire en banlieue. Rien.

Rappelons encore que 150000 jeunes quittent le système scolaire sans diplôme. 150000. Depuis le 11 septembre 2001 que l’Islam est devenu la raison de vivre de la scène médiatico-politique en France, 1.800.000 jeunes sont partis à la casse, avant d’avoir décrochés ne serait-ce que le BEPC. 1800000. Mais 24000 femmes en burqa menacent la république et Dudule, mon pote agriculteur, suicidaire en sursis, estime que Mamadou et Safia menacent sa sécurité dans l’Isère.

Loin de moi l’idée de disqualifier l’apeurement de Dudule ou de moquer la reconquista de nos grands souverains laïcs. Simplement, l’époque appelle des grands hommes, capables de prendre de grandes décisions et d’en assumer les conséquences désagréables. On attend une vision. Ils font de la politique. Je sais que dans le climat de génuflexion obligatoire devant le sympathisant du Front National, les priorités sécuritaires ont la cote, que tout discours dissemblable rapproche immanquablement du benêt, du lunatique, du permissif. Idéaliste, l’injure. Soit !

defile-salon-du-chocolat-2012_1150832Je peux souffrir d’être la chèvre de Mr Desouche, quand je vois le délabrement éducatif des enfants du 93.

 

Eurent-ils été autre chose qu’une majorité de noirs, me serais-je senti concerné ? Je dois à l’honnêteté de dire non.

Ce qui me fait mal, c’est de voir tous ces bataillons de nègres qui vont à l’abattoir, en souriant, inconscients du projet funeste vers lequel leur immobilisme les mène. Nos petits-frères et sœurs se noient par milliers en banlieue et la négrogeosie parisienne de nous les briser avec Guerlain et Chanel.

J’ai trouvé cette photo en rédigeant cet article, celle de la journaliste-femme-chocolat Audrey Pulvar, et je me suis demandé si je devais en rire ou en pleurer. Nous en sommes là (las aussi)…

 

 

Beaucoup aime parler. Je ne suis pas du reste. Néanmoins, si l’État français applique avec beaucoup d’ingénuité sa stratégie de confinement, de mise en quarantaine sociale de cette partie noire de sa chair, il est de notre devoir de nous en saisir,  de mener ce combat contre l’échec scolaire.

Personne ne vous le dira; mais quand des interviewés anonymes disent qu’ils quittent les banlieues car ils ne se reconnaissent pas dans l’enseignement qu’y reçoivent leurs gosses; c’est de vous qu’ils parlent. Oui, c’est de nous qu’ils parlent.

Et même moi aussi, je n’enverrai pas le chat dans une école publique du 93. Même si l’on me payait. Car, je sais pertinemment ce que j’accueillerai au pas de ma porte à 18 ans.

 

L’échec scolaire est le fléau numéro 1 de la communauté noire en France, certainement le fléau numéro 1 en France par ricochet et, nous devons faire face à nos responsabilités de parents, de citoyens et nous atteler à offrir autre chose que ce que je vois, et que nous voyons tous.

 

Je prêche dans le désert, à n’en pas douter ! J’entends déjà les blablateurs rétorquer en chœur :

pour qui se prend-il, ce blédard ?

 

Pour un négro qui a encore honte; contrairement à vous. Oui, j’ai honte de savoir ce que nous représentons ici. J’ai honte de ceux qui nous représentent; ces négros de salons, ces Butler et autres Oncle Tom prêts à toutou pour une gamelle à la table des vainqueurs. J’ai honte, je l’avoue. Quand je vois un noir parler à la télé, je crains le pire. Quand je lis la soumission dans le regard de ce frère prêt à se battre contre moi pour contenter son maître. J’ai honte de l’image que l’on renvoie partout dans le monde. J’ai honte de vivre dans cette plantation. J’ai honte de voir des frères s’y complaire. J’ai honte. On pourrait faire tellement pour changer ou influencer le cours des évènements. Je sais. Je suis un donneur de leçons; je l’assume. Si vous aviez aussi honte que moi, vous le seriez, vous aussi et nous n’en serions plus là.

 

 

Parlons peu, parlons vrai
Avec deux amis, Florian et Charles, nous avons créé ClaireYvesAndré en 2010.

But : proposer du soutien scolaire, à domicile à des tarifs très compétitifs. Moins de 10€ de l’heure.
Comment : en associant les enfants par 2 ou maximum par 3. Le cout de l’heure reste fixe : 30€.

Les parents vivant en HLM (immeubles, quartiers regroupés, tous se connaissent, les enfants vont dans les mêmes écoles, vivent dans le même environnement) ou en pavillons regroupent par binômes ou trinômes leurs progénitures pour des cours de français et de mathématiques au domicile de l’un des parents.

Les étudiants sélectionnés sont les uniques tuteurs. Il est évident que le bénéfice social pour cette classe et notamment pour les étudiants de banlieues qui rament pour trouver des jobs et financer leurs études est conséquent en termes financiers, sociaux et humains.

C’est simple, pratique et cela offre le gros avantage de concurrencer directement le travail illégal puisque les cours au noir vont de 15-20€/h. Avec un trio, le coût n’est plus que de 10€/h pour le parent. Et surtout, les bénéfices de ce type de travail en groupes en terme de motivation personnelle, d’émulation collective et d’efficacité sont très importants. Je ne peux que conseiller la lecture des ouvrages d’Alain Baudrit, professeur des universités et spécialiste français du tutorat.

Donc, je vous disais que nous avons lancé cette société de soutien scolaire en banlieue (pour la banlieue par la banlieue) pour apporter une assistance de qualité aux jeunes décrochés, qui comme vous le savez, pullulent dans le coin. Je tiens aussi à signaler que nous avons pensé immédiatement à une société car nous considérons que les associations et tout ce système structuré d’accompagnement de la misère, font partie du problème banlieue. J’y reviendrai dans mes recommandations.

 

Au bout de 3 ans, il est aujourd’hui possible pour moi de tirer des conclusions sur cette expérience très instructive malgré mes nombreuses déconvenues.

 

 

Constats simples suite à la création de ClaireYvesAndré. (Aucune vérité scientifique dans ces propos. Simplement le produit de 3 ans de terrain)

 

Malgré tous nos efforts, notre société n’a jamais décollé.

 

Les familles n’ont visiblement aucun intérêt pour le suivi scolaire de leurs enfants. Très peu d’appels d’information par exemple

 

Les familles qui nous appellent pour avoir des précisions sont très largement d’origine caucasienne, suivies des familles maghrébines et enfin des familles noires. La disproportion est importante entre les familles blanches et maghrébines et encore plus abyssale entre les familles blanches et noires.

 

Notre approche du soutien scolaire n’intéresse aucunement les acteurs sociaux du département, et encore moins les médias, vous vous imaginez bien. Mais bon, ça c’est normal, si leurs rédactions étaient remplies de flèches, ça se saurait, ça se verrait. Sans doute, ne termineraient-ils pas dans des journaux municipaux. J’assume mes propos sur ces journalistes du 93 qui pour moi, font partie de ce système de plantation propre au département.  Rappelons que depuis 50 ans, sur les 40 mairies du 93, 0 maire noir, arabe, chinois ou paki. Évidemment, vous les retrouverez adjoints aux sports, à la démocratie locale et toutes sortes de joyeusetés.

Donc, j’estime qu’en temps de vaches maigres, des villes pauvres comme les nôtres n’ont pas à entretenir ces cohortes de d’agents de communication, payés une fortune avec nos impôts (villes pauvres, rappelons-le) pour diffuser les désidératas de leurs édiles révérés.

 

Les familles noires intéressées ne sont pas prêtes à payer 10€ pour leur enfant et mieux, la plupart me demande toujours si c’est à moi de venir dans leurs quartiers pour rechercher d’autres enfants avec qui former leurs duos ou leurs trios.

 

– Le conseil que nous avons  le plus reçu avant, pendant et probablement après : créez une association, vous aurez des aides et ça marchera car votre projet a un but social évident.

La mentalité est donc à ce parasitisme social que nous combattons par notre action et à la perpétuation de cet assistanat qui est le cancer de nos esprits banlieusards.

 

Cela me tue de le dire mais pourtant, il faut bien constater que je ne suis pas le chef d’entreprise que j’aurais rêvé d’être. Il y’a beaucoup de moi probablement dans cette situation peu flatteuse et je me félicite simplement d’avoir évité de ruiner mes deux associés dans cette aventure.
Je déteste la pleurniche mais je dois néanmoins constater que lorsque Florian tenait le standard téléphonique, j’avais davantage de visites et de retours de la part des parents qui appelaient. Disons que mon accent camerounais ne plaide pas pour notre cause. Et je le conçois aussi. Après tout, même moi aussi, je m’interrogerais si un chinois me vendait du fromage. Donc, je peux concevoir que le prospect ait des réticences envers moi. Ce qui m’atterre par contre, c’est que la plupart des échanges avec des familles noires soient toujours compliqués, dirons-nous. Ma conviction est que, dans toutes autres communautés, ClaireYvesAndré aurait percé immédiatement et serait portée et supportée par la communauté. Dans la communauté noire, nous ne brillons malheureusement pas, par notre solidarité. Ceci explique sans doute cela.

 

Les bons résultats, certes peu nombreux que nous avons eu, sont néanmoins probants. Je pense à la petite Angelica qui était à la dérive au CM1, contrainte à redoubler et qui est aujourd’hui cette fillette qui est passée en 5e avec 14 de moyenne. Guillaume, Marthe, Dominique, Elliot, Pierre, Antoine… Et tous ces gosses que j’ai eu la chance d’accompagner vers la réussite. ça marche. Le soutien scolaire n’est pas la panacée, c’est sûr. Mais, c’est un bon complément à l’école et les familles privilégiées sont bien placées pour le savoir. Sauf qu’une gauche moraleuse trouve cela dangereux pour « l’équité sociale »; mais se l’autorise pour leurs propres enfants. Vous savez, ces gens bien, qui savent toujours mieux que vous, ce qui est bien pour vous.

Aux pauvres, associations et travail illégal; aux riches, niches fiscales et privilèges.

 

Sorti du 93, l’accueil de notre approche de soutien scolaire n’est pas non plus  terrible. Malgré le fait que nous ayons communiqué et essayé pendant ces années de rendre visible cette alternative à l’assistanat et aux niches fiscales inefficaces des services à la personne (50% d’exonérations fiscales pour les familles de riches. Cela n’a rien changé à la face du travail illégal dans le soutien scolaire. 80% du soutien scolaire est toujours aux mains du travail au noir. Par conséquent, quelle efficacité pour cette formule d’assistanat pour fortunés ?). Clairement, la mentalité générale est à l’assistanat pour tous et notamment pour les plus aisés. Tout autre discours ne trouve aucun écho sur la scène socio-politique. De bons chiens dans les niches veillent (suppression exonérations fiscales pour les cours à domicile, mais pas pour le soutien scolaire à domicile. Le soutien scolaire à domicile n’est pas un cours à domicile. Comprendra qui pourra.)

 

Certains me demandent toujours pourquoi je m’acharne à proposer un service à des gens qui n’en veulent pas?

Parce que je veux que ClaireYvesAndré soit la verrue sur le beau visage de cette France du parasitisme social et de l’assistanat institué.

A Rome, fais comme les romains, dit l’adage. Eh ben, non ! Je refuse de profiter d’un système de parasitisme social (niches fiscales, associations,…). Sans doute, suis-je con. Mais j’aime ma connerie heureuse. L’on peut avoir du soutien scolaire à domicile à 10€ pour toutes les familles et notamment les plus modestes, les premières concernées par l’échec scolaire. Avec ClaireYvesAndré, nous l’avons prouvé. Nous ne participerons pas à cet arnaque social ridicule où nous avons des assistés qui se croient entrepreneurs et respectables. Nous n’avons pas la même idée de l’entrepreneuriat.

Et concernant l’éducation, je pense que c’est dure, que cela doit être dure pour avoir de l’importance. Il faut du sacrifice, de la discipline, du travail pour avoir des gamins bien éduqués. Il faut que cela fasse mal pour que les parents, les enfants engagés dans cette éducation, en tirent le plus de bénéfices. Comment participer à un système qui réclament des efforts de concentration supplémentaire des gamins et qui est lui-même adossé à de l’assistanat ?

 

Si vous pouvez avancer 30€/h pour le suivi de votre enfant, souffrez de ne pas être remboursé de 15€ par l’État. Cela vous fera prendre conscience du sacrifice réel que vous opérez, votre gamin le notera aussi et prendra avec plus de sérieux et d’application les cours qu’il reçoit à la maison. Et pour les familles modestes, le fait de mettre 10€ de sa poche pour renforcer son enfant est encore plus impactant dans son engagement.

Tout ce qui est gratuit n’a aucune importance. Et n’oubliez jamais que 50% des français actifs gagnent moins de 1500€ par mois. C’est dans ces couches que se trouvent l’essentiel des enfants en échec scolaire. Créer et maintenir un système de niches fiscales pour les familles de riches concourt à perpétuer l’échec scolaire en France. Car, les familles pauvres n’auraient pas les moyens de payer 30€/h pour chacun de leurs enfants en perdition.

L’on ne peut réduire la lutte contre une éducation pitoyable au soutien scolaire. Je le conçois parfaitement. Il y’a déjà tellement à faire pour essayer d’élever le niveau d’exigences de l’enseignement public dans ces zones de dévastation scolaire.  Ce sera mon premier axe de suggestions.

 

 

 

 

Mes axes de travail pour une meilleure école en banlieue

 

 

– L’école
Partie 2 : à suivre

Quelle est la meilleure méthode d’accompagnement scolaire après l’école ?

Face à la demande de compléments de formation à l’éducation nationale ou plus précisément à l’instruction publique, il existe un large éventail de services créés pour accompagner les élèves en difficulté scolaire.

Nous avons pensé qu’il serait intéressant de proposer une analyse rapide de chacune de ces méthodes pédagogiques dans le but de faciliter le choix et la décision des parents, inquiets par la qualité de l’enseignement reçu à l’école.

Ces solutions, selon les situations familiales, peuvent être des recours intéressants pour tous les parents.

Nous avons créé trois grandes classifications liées à la proximité, pour mieux comprendre les avantages et inconvénients de chaque approche pédagogique :

– Dans la région (Internats d’excellence, busing, partenariats avec les grandes écoles, …)
– Dans la ville (associations, écoles privées, écoles confessionnelles, …)
– Dans la maison (e-learning, Khan academy, cours par correspondance, cours à domicile,…)

Nous espérons que vous trouverez des arguments intéressants pour pouvoir faire aider vos enfants en difficulté scolaire ou tout simplement, en échec scolaire.

 

Yannick DJEUGOUE

Entretien filmé avec Enquête&Débat sur le soutien scolaire et l’éducation en banlieues

Il y’a un an, nous avons eu un premier échange avec un site d’informations sur internet, Enquête&Débat, qui tenait à comprendre notre démarche éducative en banlieues et avoir notre opinion par rapport à plusieurs sujets d’actualité comme l’échec scolaire, l’immigration, l’assistanat et le communautarisme en France, l’éducation nationale ou encore les associations et leurs influences sur la société.

Je vous invite donc à replonger dans cet entretien très instructif et à partager ces vidéos avec un maximum de parents, d’élèves ou de personnes intéressées par le devenir de leurs enfants.

 

1ère partie : présentation de ClaireYvesAndre.com

2ème partie : libéralisme et assistanat en banlieue

3ème partie : à propos de l’Éducation nationale

4ème partie : la France, la banlieue, l’immigration

5ème partie : sur la communauté noire


Enquête&Débat est un site de libre expression créé par Jean Robin. Cet entretien a eu lieu à mon domicile à Aubervilliers.

Yannick DJEUGOUE

Quel est le prix du soutien scolaire en France ?

Le prix du soutien scolaire en France est aussi variable que la météo. Selon votre localisation sur le territoire ainsi que la disponibilité en professeurs, le tarif horaire peut varier du simple au double.

Malheureusement, la demande en professeurs est tellement forte que les prix ne faiblissent pas. Même dans les zones les plus défavorisées, le soutien scolaire coûte cher.
Il est communément admis qu’une heure de cours vaut entre 30 et 65 euros selon le niveau scolaire, le lieu et la politique tarifaire du prestataire de services.

Cette prestation légale est la résultante du plan Borloo de 50% d’exonérations de charges fiscales. En effet, la très grande majorité des entreprises du secteur bénéficient de cette exonération. Le principe est le suivant: le parent paie par exemple 100€ de l’heure pour un cours d’anglais. L’entreprise lui rédigera un document pour les services fiscaux lui permettant d’avoir 50€ de réductions fiscales pour ce service à la personne. Au final, le parent aura son cours d’anglais qui lui reviendra à 50€.

99% des entreprises du secteur fonctionne de la sorte. Pour bénéficier de cette niche fiscale, les entreprises doivent simplement faire une demande d’agrément à la préfecture et les parents doivent s’assurer que l’entreprise qu’ils emploient est agréée.

 

Le cas des stages intensifs et des cours groupés à domicile.

L’État a mis des limites pour contrôler cette exonération fiscale et éviter des dérives : le cours doit être individualisé. n’est exonéré que le cours qui se déroule pour un seul élève et à son domicile. Les cours à distance, cours sur internet et autres formules sont de facto exclus.
Néanmoins, grâce à des artifices légaux, certains leaders du marché ont réussi à créer des exceptions pour des activités comme les stages intensifs de vacances où de nombreux élèves se retrouvent dans une salle chez le prestataire de services pour recevoir des cours de remises à niveau dans diverses matières à la rentrée scolaire.

Manifestement, le plan Borloo a été dévoyé et toutes les entreprises majeures du secteur pratiquent à la fois les cours à domicile et les cours en groupes; ce qui était strictement interdit. Vous ne pouviez pas associer une activité agréée à une activité non agréée sous peine de perte de votre agrément et donc, des avantages fiscaux liés.

En 2012, la France comptait 12000 entreprises de soutien scolaire; 11999 étaient agréées. La seule à n’avoir jamais demandé d’agrément est ClaireYvesAndré, qui a fait du cours groupés à domicile, son unique modèle économique.

Certaines sociétés facturent le déplacement du professeur. Donc, il faut rajouter cette somme d’argent qui peut aller de 1 à 4 euros/heure à votre coût horaire total.

Dans le soutien scolaire illégal (85% du marché global), les prix fluctuent énormément en fonction de la disponibilité et surtout de la matière choisie.

A Paris, une heure de cours de français revient à 25€ pour un élève du lycée alors qu’en banlieue parisienne, elle revient à 30€.

En banlieue paupérisée (Seine-Saint-Denis), l’heure de français serait entre 10 – 20€ (10€ pour le primaire, 20 pour le lycée.

L’heure de mathématiques est plus chère à cause de la difficulté à trouver de bons professeurs. Pour un élève du primaire, comptez 30€ à Paris; et jusqu’à 60€ pour un lycéen en période d’examen.

En banlieue dionysienne, comptez 30-35€ pour tout niveau.

Ces tarifs sont le fruit d’une longue expérience de terrain et non le produit d’une étude minutieuse. Évidemment, vous pourrez toujours trouver des contre-exemples.

Il existe aussi le cas des associations locales d’aides aux devoirs qui donnent des cours dans leurs locaux pour des sommes d’argent dérisoires. Ces associations sont subventionnées par l’État et ont un rôle social indéniable dans leur activité. Les tarifs vont du tout gratuit en passant par des abonnements trimestriels jusqu’aux tarifs horaires similaires à ceux d’entreprises spécialisées.

Les prix du soutien scolaire sont une jungle où vous trouverez parfois toutes sortes d’aberrations économiques. C’est aux parents d’être vigilants et de faire preuve de bon sens pour s’en sortir. On comprend que la raison primaire pour laquelle les parents s’adressent aux entreprises de soutien scolaire est le confort d’usage du service. Avoir un intermédiaire qui se charge de tout organiser pour lui contre un supplément est acceptable.

Les parents font confiance au recrutement de ces professionnels car ils sont noyés dans un déluge d’offres indescriptible. Le prix est certes un critère de décision important mais en aucun cas, il n’est le critère majeur. Les parents paient pour leur tranquillité d’esprit (point de formalités administratives, professeur compétent et disponible) et pour leur sécurité (professeur sérieux).

Yannick DJEUGOUE

Comment fonctionne le soutien scolaire en France ?

Le soutien scolaire en France regroupe différentes formes d’apprentissage pouvant être classifiées de plusieurs façons :

 

Par lieu d’apprentissage

Les cours à domicile ou cours particuliers

Il s’agit de cours donnés par un apprenant, communément appelé professeur, à un ou plusieurs élèves ou apprentis, soit au domicile de l’apprenant, soit au domicile de l’un des apprentis, soit dans un lieu mis à leur disposition (local d’associations par exemple).
Il est à noter que la grande majorité des cours particuliers sont individualisés i.e. qu’un professeur donne un cours à un élève uniquement. Les cours groupés à domicile ont été créés en France par ClaireYvesAndré en 2010 officiellement (en 2005 en réalité) pour des raisons économiques que nous évoquerons par la suite dans cet article).

 

Les cours collectifs

Dans ce cas, il s’agit de cours donnés par un professeur à un groupe d’élèves dans un lieu dédié (salle de classe, salles louées pour stage collectif).
Pour des raisons économiques, les stages collectifs de renforcement scolaire ou de préparation de la rentrée scolaire se multiplient et trouvent un écho médiatique plus important chaque année.

Activité marginale des entreprises de soutien scolaire au début des années 2000, les stages collectifs se sont énormément développés et dans un climat de marasme économique soutenu, ils sont bienvenus pour les parents inquiets et de plus en plus désargentés.

 

Par nombre d’apprentis ou d’élèves recevant les cours

On retrouve la notion de cours individuels (généralement à domicile), et de cours en groupe (généralement dans des lieux dédiés).

 

Par type d’apprenant

A ce stade, l’on peut parler de cours avec un intervenant physique (une personne) et cours avec une interface virtuelle ou immatériel (e-learning, cours à distance, livres…)
Les cours à domicile sont propices aux interventions physiques.

 

 

Qu’est-ce que le soutien scolaire en France ?

Le soutien scolaire est tout apport additionnel à l’instruction scolaire reçue à l’école. L’éventail peut donc s’étaler du cours à domicile aux cours par correspondance en passant par les cours en ligne, les cours par visioconférence et toutes les autres variantes d’e-learning. Vulgairement, soutien scolaire fait penser en premier lieu aux cours particuliers ou cours à domicile.

Et cela peut se comprendre par l’importance des cours particuliers dans le monde du soutien scolaire. En effet, le soutien scolaire est un marché évalué à plus de 2 milliards d’euros en France (varie de 2 à 3 en fonction des sources), dont 80 à85 % du marché repose essentiellement sur le travail non déclaré d’étudiants et de professeurs. On parle donc de soutien scolaire légal et de soutien scolaire illégal (marché clandestin, le black, le noir, marché informel…).
80% du marché légal (estimé donc à 300 millions d’euros) est constitué uniquement de cours particuliers. Toutes les autres formes d’aides scolaires existantes (livres périscolaires, e-learning, cours par correspondance, coaching scolaire,….) se partagent les 20% restants.
On peut considérer que pratiquement 100% du marché illégal est dédié aux cours particuliers ou cours à domicile.

 

Le soutien scolaire globalement fait intervenir deux parties

 

– Les apprenants ou professeurs ou encore tuteurs scolaires
Ceux qui par leurs connaissances, leurs savoirs, leur expérience, ou leurs qualités pédagogiques, transmettent donnent les cours.

– Les apprentis ou élèves
Ceux qui reçoivent cet apprentissage.

 

De part la nature de l’activité (activité individuelle requiert beaucoup de personnel), la grande majorité des professeurs sont des étudiants d’universités, d’écoles de commerce et d’ingénieurs. Ces derniers, pour arrondir leurs fins de mois et financer leurs études, se livrent à cette activité qui ne nécessite pas des apports financiers importants pour être lancée (concrètement, une tête bien faite suffit largement).
Le deuxième public est celui des professeurs, des enseignants, qui, pour des raisons économiques, complètent leur solde en donnant des cours, très souvent dans leur propre domicile.
Le cas particulier des professeurs de prépas qui donnent des cours à domicile à leurs propres étudiants est l’expression de ces relations pernicieuses qui salissent la réputation des élites de ce pays.

 

France compte environ 1 million d’enseignants (Éducation nationale, 1er employeur de France), 3 millions d’étudiants, et 12 millions d’élèves chaque année.

 

Quels sont les cours les plus demandés en France ?

Les cours de mathématiques et de français sont les plus plébiscités par les parents. Suivent les cours d’anglais, de physiques-chimie, et d’autres matières secondaires enseignées par l’école. Avec l’avènement d’internet, de nouveaux cours de langues étrangères ont jailli sur internet et des entreprises comme Acadomia ont même une section cours de musique.

En règle générale, à domicile, les cours durent 1heure pour les élèves du primaire, 1 heure 30 pour les élèves du secondaire et 2 heures à l’approche des périodes d’examens.
Pour des raisons de praticité, la grande majorité des cours se déroulent le week-end et en semaine, le soir, après les classes.

 

 

Quels sont les différents types de soutien scolaire ?

Le soutien scolaire est un terme générique qui recouvre de nombreuses réalités pédagogiques. Nous pouvons regrouper ces orientations en trois grandes familles:

– L’aide aux devoirs

C’est la plus commune des demandes de parents inquiets. L’aide aux devoirs comme son nom l’indique, est un accompagnement scolaire orienté sur une ou plusieurs matières, où l’élève prend des cours dont le but est de gérer les devoirs de classe laissés par les enseignants. Ce sont généralement des élèves du primaire.
Le manque de temps des parents exténués par leur travail est la raison principale de l’existence de ce service.

Le professeur remplace le parent juste pour faire les devoirs.

– Le suivi scolaire régulier

C’est le service le plus offert par les professeurs mais le moins bien formulé par les parents. Confondu avec l’aide aux devoirs, il s’agit ici d’un accompagnement scolaire d’un ou plusieurs élèves sur la totalité de l’année scolaire. L’encadrement est plus complet (coaching scolaire, aide aux devoirs, remises à niveau ponctuelles, perfectionnement scolaire, préparation aux examens).

– Le renforcement scolaire

Remise à niveau

L’élève a des lacunes plus ou moins importantes dans une ou plusieurs matières. Le parent recrute un tuteur scolaire pour combler ces faiblesses et rétablir une bonne situation scolaire de l’élève en difficulté. La remise à niveau est ponctuelle et l’accompagnement dure moins longtemps en général.

Perfectionnement scolaire

L’élève est un bon élève mais pour des raisons diverses (prépas, entrée dans une grande école, examens, concours, challenges…), ce dernier sera accompagné afin de devenir un excellent élève. C’est l’excellence qui est visée dans une matière ou dans une classe. En général, il s’agit très souvent de lycéens.

Lire la suite de l’article dans la partie 2

 

Yannick DJEUGOUE

Bienvenue sur Actu-Education !

Le blog de ClaireYvesAndré, créateur du partage scolaire ou soutien scolaire en groupe à domicile.

 

L’échec scolaire est un fléau silencieux qui ruine ce pays et condamne de millions de jeunes à la désespérance sociale, au chômage, à la précarité.

 

Avec ClaireYvesAndré, depuis plusieurs années, nous essayons d’apporter notre écot à la lutte contre ce désastre social.

 

Aujourd’hui, le site est accessible à tous et permet aux familles et aux étudiants de s’organiser pour avoir des cours en groupe à domicile.

 

Nous avons décidé de créer un blog où nous pourrions transmettre les informations portant sur l’éducation, sur le soutien scolaire et surtout, sur le bien-être de nos élèves.

 

Actu Education est donc un pilier de notre stratégie de démocratisation de la pratique du soutien scolaire légal. Légal car la loi protège aussi bien les familles que les étudiants, seuls tuteurs scolaires que nous recrutons pour donner les cours de français, anglais et mathématiques à domicile.