Les Français, mauvais élèves en anglais

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Les Français sont de très mauvais élèves en anglais. Ce n’est pas nouveau. Mais aujourd’hui il est de moins en moins concevable de ne pas maitriser, ne serait-ce qu’un peu la langue de Shakespeare. Il y a un véritable enjeu pour le monde de demain. L’anglais n’est plus seulement nécessaire pour les séjours touristiques, il est devenu un incontournable pour améliorer ses chances de décrocher un emploi et augmenter sa qualité de vie.

 

Une importante étude, réalisée par Education First a été menée dans le monde entier en 2015 et révèle l’indice de compétence en anglais. La langue de Shakespeare est largement considérée comme la principale langue internationale et comme une compétence de base nécessaire aux élèves. Certains pays, autrefois retissant, craignant que l’apprentissage de l’anglais ne soit une menace pour leur culture nationale, ont changé leur fusil d’épaule. Les données recueillies dans ce rapport montrent que l’anglais est aujourd’hui une compétence de base. En tant que tel, il possède un statut spécial et peut être enseigné et évalué à un niveau équivalent aux compétences en lecture et mathématiques en langue maternelle. Au vu de l’importance croissante acquise par l’anglais ces 20 dernières années, il est encore plus essentiel que les enfants d’aujourd’hui possèdent une solide connaissance de cette langue lorsqu’ils entreront sur le marché du travail.

 

L’anglais comme outil de communication

Par contre, dans de trop nombreux pays encore, l’anglais est enseigné sans accorder de véritable importance à son usage pratique. Beaucoup de programmes ne sont pas conçus pour l’apprentissage de l’anglais comme outil de communication. Tant que cela ne sera pas le cas, il sera impossible de tirer les avantages d’une langue mondiale. C’est en Europe que le niveau de compétence de l’anglais est le plus élevé, exception faite de la France qui ne se place qu’à la 24e place sur 27 sur le continent. « La France est tellement à la traîne par rapport à ses voisins, que ses niveaux de compétences en anglais sont comparables à ceux des pays situés à la périphérie de l’Europe. Que ce soit en raison d’une aversion culturelle envers l’anglais ou de son incapacité à réformer son système éducatif, la France suit une trajectoire différente de celle de ses voisins » analyse l’étude.

 

Le cas de la France

La France possède le niveau de compétences en anglais le plus faible parmi tous les pays évalués dans l’Union Européenne et un niveau de compétences légèrement inférieur à la moyenne mondiale chez les adultes. Le score EF EPI du pays n’a pas changé de manière significative au cours des huit dernières années, bien que son classement dans l’indice ait chuté de 20 positions au fur et à mesure de l’ajout de nouveaux pays. « Malheureusement, aucun signe n’indique un éventuel changement en France dans les années à venir » s’inquiète les rapporteurs de l’étude. Le niveau de compétences en anglais des jeunes diplômés français et des adultes plus âgés est équivalent.

 

L’exemple de la Suède

Les quatre pays scandinaves, la Suède, la Norvège, de Danemark et la Finlande occupent les cinq premières places du classement mondial. Les Pays-Bas décrochent eux la deuxième place du podium. « Cette année, la Suède a repris sa position dominante dans l’indice, une position qu’elle a occupée dans trois des cinq rapports EF EPI publiés. La Suède est l’un des quelques pays où les hommes ont un meilleur niveau d’anglais que les femmes, bien que la différence entre les sexes soit infime. Les réformes récentes du système éducatif suédois, dont la certification des enseignants pour l’école primaire et l’obligation de maîtriser l’anglais pour toute inscription aux programmes universitaires, se sont révélées efficaces, avec des améliorations stables au niveau de l’apprentissage sans dépenses supplémentaires » analyse l’étude.

Les stratégies communes partagées par les pays dont les compétences en anglais sont élevées, comprennent :

  • L’attribution d’une place à part de l’anglais par rapport aux autres langues étrangères.
  • L’attention à des compétences en termes de communication pratique dès le départ.
  • La formation des professeurs d’anglais à enseigner cette langue à des fins de communication.
  • La mise en place d’outils efficaces pour évaluer le niveau d’anglais
  • Le soutien à la formation sur le lieu de travail et dans le secteur privé pour les adultes
  • L’investissement dans la technologie et dans les outils d’apprentissage en ligne
  • La considération de l’anglais dans le cadre d’autres réformes liées à l’éducation

 

La volonté française

Consciente que la maitrise d’une langue vivante est un atout pour l’avenir, la France est en train de revoir son programme éducatif pour un meilleur apprentissage des langues vivantes. Ainsi, les langues vivantes vont être apprises dès le CP, et l’ensemble de l’apprentissage des langues étrangères se fera avec des horaires renforcés et de nouveaux programmes. Espérons que cela fonctionne, lorsque l’on voit les enjeux que cela comporte, surtout la maîtrise de l’anglais, car l’étude a notamment révélé que dans de nombreux pays, des compétences plus élevées en anglais correspondent à une baisse du nombre de jeunes au chômage mais aussi que cela ferait augmenter les salaires et donc participerait à la relance économique.

 

M. Roizard

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