Le prédicat, cette notion grammaticale qui fait polémique

prédicat

Depuis la rentrée 2016, un nouveau terme est apparu dans les manuels de grammaire : le prédicat. Cette notion, introduite dans les classes de CM1 et CM2 a suscité une véritable controverse.

 

 

Qu’est-ce que le prédicat ?

Si vous avez plus de dix ans, vous ignorez peut-être de quoi il s’agit. Concrètement, le prédicat désigne « ce qui est fait au sujet ». Pour faire simple, prenons des exemples. Dans la phrase « Paul fait ses devoir », le prédicat est « fait ses devoirs », autre exemple : « la petite fille récite une poésie devant la classe », la phrase se décompose en trois : « la petite fille » étant le sujet, « récite une poésie » étant le prédicat et « devant la classe » le complément de phrase.

Cette notion de prédicat est loin d’être nouvelle puisqu’elle est issue de la grammaire d’Aristote, soit, au IVe siècle avant JC et est déjà utilisée depuis plus d’une dizaine d’années au Québec. L’objectif est de simplifier la syntaxe pour les élèves avant d’aborder les notions plus complexes de complément d’objet direct et indirect. Et cela suscite un certain nombre d’inquiétudes.

 

 

Pourquoi cette polémique sur le prédicat ?

Certains s’inquiètent que cela ne mette en danger l’orthographe et que tout le monde ne soit perdu avec cette notion. Notamment avec le fait que l’on n’enseigne pas dès le départ les notions de COD et de COI et donc les règles d’accord qui vont avec.

Ainsi, par exemple Valérie Marty, présidente de la Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public (PEEP) témoigne sur Europe 1 « Que va-t-on faire lorsqu’on voit le cahier de notre enfant ? Je pense que les parents vont être déboussolés. Ils vont bien comprendre qu’ils ne peuvent pas les accompagner et je pense que c’est aussi ce qui fait qu’il y a de la défiance entre l’école et les familles ». Certains enseignants ont également émis des doutes sur cette réforme certains étant même hostiles.

Toutefois, contrairement à certaines rumeurs comme l’affirme Delphine Guichard, institutrice en CM1 et CM2, sur son site internet Charivari à l’école, « ce nouveau terme n’a aucune conséquence sur l’enseignement de l’orthographe, et, en particulier, aucune conséquence sur l’enseignement de l’accord du participe passé avec le COD placé avant le verbe. L’accord du participe dans ce cas particulier figure toujours au programme du collège, à la même place que dans les programmes précédents. Il n’a pas été « repoussé » du tout ».

Que l’on se rassure, prédicat ou pas, il y aura toujours des erreurs d’accord du participe passé avec le verbe avoir comme on peut le voir bien souvent même chez les politiques pourtant bien souvent énarques…

 

M. Roizard