Le programme d’Emmanuel Macron sur l’éducation

 

En Marche

À quelques jours du second tour des élections présidentielles, il reste encore de nombreux indécis quant au choix du bulletin à mettre dans l’urne. Emmanuel Macron reste toutefois en tête des sondages. Le candidat du mouvement En Marche l’affirme, il veut faire de l’école « le combat premier » s’il est élu président. Que propose-t-il concrètement en termes d’éducation ? Comment son projet est-il perçu du corps enseignant ?

 

 

Le programme de l’éducation d’Emmanuel Macron partage. En effet si certains de ses projets de réforme sont bien acceptés du corps enseignant comme le fait de favoriser les zones d’éducations prioritaires et de leur donner plus de moyens, certains s’inquiètent qu’il n’aille pas assez loin. Le candidat du mouvement En Marche propose notamment de réduire le nombre d’élèves en CP et CE1 à une petite quinzaine pour faciliter l’apprentissage et de rétablir les études dirigées après la classe dans tous les établissements. Des professeurs craignent que les élèves du collège en zone d’éducation prioritaire ne soient pas assez pris en compte dans ce projet de réforme. Il prévoit toutefois la mise en place de stages de remise à niveau à la fin des vacances d’été au primaire et au collège.

 

Un suivi plus personnalisé

Le candidat d’En Marche souhaite que la scolarité soit plus individualisée et désire mettre en place des bilans personnalisés de la grande section de maternelle jusqu’à la troisième pour mesurer les progrès de chacun. Il souhaite également améliorer l’information en matière d’orientation « Nous devons parler d’orientation plus, et plus tôt. Faire venir des professionnels à l’école et présenter leurs métiers » annonce-t-il. Il désire également promouvoir l’alternance et l’apprentissage dans toutes les filières. « On a cantonné l’apprentissage dans les filières les plus techniques et manuelles et c’est une erreur » avait-il annoncé au Medef au mois de mars.

 

Donner plus d’autonomie aux établissements

Enfin, autre mesure phare et plus controversée, le programme du mouvement En Marche prévoit de donner plus de liberté aux établissements. Ainsi il propose que les communes organisent elle-même le temps périscolaire en collaboration avec les écoles ou encore que les collèges rétablissent les parcours bilingues et européens. Certains enseignants craignent que cette autonomie des chefs d’établissement ne donne trop de pouvoir au personnel de direction « qui ne sont pas formés sur la gestion des personnels et peuvent devenir des petits potentats locaux. On a besoin de cohérence » affirme Claire, professeur dans un lycée agricole au micro de RMC.

Une nouvelle version du Bac

S’il est élu, Emmanuel Macron souhaite réformer le baccalauréat en ne laissant que quatre matières, les autres étant évaluées en contrôle continu. D’après lui cela permettrait de réorganiser le temps scolaire.

 

Une formation plus factuelle des enseignants

Le candidat d’En Marche voudrait que la formation des enseignants s’effectue en alternance dès la licence pour leur donner une expérience terrain. Par ailleurs il souhaite mettre fin à l’affectation des jeunes diplômés dans les zones d’éducation prioritaire et que ces postes soient réservés aux enseignants ayant au moins trois ans d’expérience. Ceux qui choisissent d’exercer en ZEP pourraient recevoir notamment une prime supplémentaire de 3 000 euros net par an.

 

M. Roizard

Education : le programme de Marine Le Pen

marine Le Pen présidentielle

La candidate du Front National, Marine Le Pen est qualifiée pour le second tour des élections présidentielles. La candidate n’a pas fait de l’éducation un thème central de sa campagne n’évoquant pas ou peu le sujet. Mais une dizaine de mesure, sur ses 144, sont consacrées à l’école et à l’enseignement supérieur.

 

 

Le renforcement des fondamentaux

Pour Marine Le Pen, il est indispensable de revenir à l’enseignement des fondamentaux « et de consacrer la moitié du temps d’enseignement au français, à l’écrit comme à l’oral ». Cela porterait à 12 heures par semaine les leçons de français du CP au CE2 au lieu des 10 heures aujourd’hui et à 8h en CM1 et CM2. Comme l’explique Alain Avello, membre du comité stratégique de la campagne en charge du volet éducation « la réussite d’un enfant est conditionné par l’apprentissage du français ». Il n’est pas question pour autant de rallonger les journées des enfants. Il faudrait donc supprimer des heures dans d’autres matières mais le programme n’annonce pas lesquelles. « Il est inéluctable qu’il faille réduire les autres disciplines » concède Alain Avello. Par ailleurs la candidate du Front National souhaite interdire l’enseignement des langues et cultures d’origine.

 

Des réformes à tous les niveaux 

Marine Le Pen est très claire là-dessus, elle souhaite abroger la réforme des rythmes scolaires. Pour le collège, elle veut mettre fin au collège unique et désire orienter les élèves dès 14 ans vers l’apprentissage pour revaloriser les filières manuelles. Ces jeunes pourraient cependant revenir dans la voie générale jusqu’à la seconde.

En ce qui concerne le lycée, Marine Le Pen prévoit en histoire « la promotion du roman national », la suppression de la philosophie pour les filières technologiques et des heures de ‘Civisme et de droit’ à la place de l’enseignement de moral et civique. Pour cette réforme, elle souhaite créer un Capes de droit et recruter des professeurs.

 

L’école ‘un asile inviolable’

La candidate cite Jean Zay dans son programme et souhaite faire de l’école « Un asile inviolable ou les querelles des hommes n’entrent pas ». Elle désire instaurer le port de l’uniforme en primaire et rétablir l’autorité et le respect du maitre. Pour y parvenir le front National propose d’instaurer plus de discipline et de compléter l’arsenal de sanctions. À titre d’exemple, comme on peut le lire dans les colonnes de Libération, Alain Avelo imagine éloigner les éléments perturbateurs de leur établissement d’origine en les mettant en internant à environ 80 kilomètres.

 

Évolution du projet sur la gratuité de l’école

Dans son projet initial, Marine Le Pen prévoyait un délai de carence avant d’accorder la gratuité aux enfants d’étrangers en situation régulière. Depuis son accord avec Nicolas Dupont-Aignan, elle a accepté que ce délai de carence concernant la gratuité de l’accès aux services publics ne concerne pas l’école.

 

M. Roizard

Le programme sur l’éducation d’Emmanuel Macron

 

Emmanuel Macron

Emmanuel Macron a dévoilé jeudi 2 mars son programme pour les présidentielles de 2017. Parmi les thèmes abordés, l’éducation. Le candidat du mouvement En Marche souhaite ‘une école qui garantisse la réussite de tous et l’excellence de chacun’. Pour cela il est selon lui nécessaire de donner la priorité aux fondamentaux et que les élèves qui sortent du lycée soit aussi bien prêt à s’intégrer rapidement professionnellement qu’à poursuivre leurs études. Voici les mesures qu’il propose pour y parvenir.

Pour Emmanuel Macron, il est important de relacer les élèves au cœur du débat et des réformes de l’éducation nationale. « Les élèves sont trop souvent les oubliés des réformes de notre Education Nationale. Notre principal objectif, celui qui doit présider à toute décision, c’est donc avant tout la réussite et l’épanouissement de chaque élève » explique-t-il. Pour Emmanuel Macron, l’éducation est la clé de la cohésion sociale et de la prospérité de la France. Il convient selon lui de réduire les inégalités qui se creusent à l’école.

 

Les propositions d’Emmanuel Macron

Pour le candidat la priorité doit être donnée à l’acquisition des fondamentaux en maternelle et en primaire puis à l’accompagnement personnalisé et à l’orientation au collège. Ainsi, il est nécessaire selon lui de « donner la priorité à l’apprentissage des fondamentaux ‘lire, écrire, compter’ dans le pré-scolaire, en maternelle et au primaire ». Pour y parvenir, il propose notamment de poursuivre la création de places en crèches et de diviser par deux les effectifs des classes de Cp et CE1 en REP et REP+. Il propose également de mettre en place au début de chaque année scolaire, des bilans personnalisés de la grande section jusqu’à la 3e pour aider les enseignants à pouvoir mesurer les progrès de chaque élève.

Par ailleurs, Emmanuel Macron désire renforcer l’accompagnement et les dispositifs d’orientation au collège et au lycée. Il souhaite également remettre en place le dispositif d’accompagnement après la classe pour venir en aide aux élèves en difficultés. Enfin, le candidat souhaite garantir à chaque jeune Français une insertion professionnelle réussie. Pour Emmanuel Macron, cela passe notamment par une intensification de l’apprentissage et souhaite donner les moyens pour que celui-ci fonctionne : « nous ferons un effort massif pour l’apprentissage. Nous développerons les périodes de pré-apprentissage, et les filières en alternance dans tous les lycées professionnels. Nous impliquerons pleinement les branches professionnelles dans la définition des programmes et l’organisation des formations ».

Toutes ces propositions s’accompagnent de mesures d’accompagnement et de formation du corps enseignant tout en souhaitant laisser plus de champ libre aux équipes pédagogiques pour qu’elles puissent s’adapter à leurs élèves.

 

M Roizard

‘Pas d’éducation, pas d’avenir’ : sensibiliser les jeunes

pas d'éducation, pas d'avenir

Du 1er février au 30 juin, a lieu dans les écoles la campagne ‘Pas d’éducation, pas d’avenir’. Cette campagne, organisée par deux associations, en faveur du droit pour tous à l’éducation est soutenue par le ministère de l‘éducation Nationale.

Aujourd’hui dans le monde, plus de 60 millions d’enfants ne vont pas à l’école. La campagne ‘Pas d’éducation, pas d’avenir’ créée en 1946 par la ligue de l’enseignement et soutenue par le ministère a pour but notamment de sensibiliser les jeunes à cette réalité et de financer des projets concrets pour permettre au plus grand nombre d’accéder à l’éducation.

 

Sensibiliser les jeunes aux disparités mondiales de l’éducation

Cette campagne est l’occasion de sensibiliser les jeunes de l’école au lycée sur cette problématique liée à l’éducation dans le monde, aux questions de citoyenneté et de solidarité. Pour aider les enseignants dans ce dispositif, des outils pédagogiques sont mis à disposition sur le site de la campagne. De même la ligue de l’enseignement propose d’accompagner les écoles et les enseignants dans la mise en place d’initiatives visant à développer l’éducation dans le monde.

 

Sensibiliser les jeunes à la différence de l’éducation

Le but de cette campagne est notamment de montrer aux jeunes que tout le monde n’accède pas à l’école avec la même facilité. Parmi les ressources pédagogiques disponibles, la série de 26 documentaires « Chemins d’école, chemins de tous les dangers », diffusée sur Arte, permet de comprendre que l’accès à l’école n’est pas aussi facile pour les uns que pour les autres, ne serait-ce que d’un point de vue géographique. Ces épisodes montrent bien que les enfants ont une grande soif d’apprendre et ne redoutent pas de marcher des heures à pied, ou de partir à cheval pour traverser des rivières gelées pour aller apprendre à l’école parce qu’ils savent que cela peut leur offrir un avenir meilleur. Un ‘serious game’ a été développé par France TV pour venir en complément éducatif de cette série avec deux niveaux de jeu, primaire et collège.

 

M Roizard

Apprendre à décoder l’information

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Aujourd’hui grâce à internet nous sommes abreuvés de sources d’informations, plus ou moins fiables, et en grande quantité. Un groupe de journaliste du journal Le Monde a proposé d’aller rencontrer des élèves en classe pour les aider à décoder l’information qui les entoure. Une opération qui connaît un réel succès.

 

Le journal Le Monde a déjà mis en place des actions pédagogiques comme ‘Decodex’ pour pouvoir vérifier une source ou encore une rumeur qui circule sur les réseaux sociaux. L’objectif est de permettre aux lecteurs, même moins avertis, de comprendre l’information qu’il trouve sur internet et de vérifier sa véracité avant de la diffuser sur les réseaux sociaux. Dans sa lancée, le quotidien a publié un guide pédagogique notamment à destination des enseignants pour que ceux-ci puissent s’en servir pour aider leurs élèves à décrypter les informations dans les médias. Parallèlement, des groupes de journalistes interviennent dans des classes de collèges et lycées à la demande d’enseignants pour sensibiliser les élèves à ce décryptage des médias et à l’importance de vérifier les informations avant de les transmettre. Deux jours seulement après avoir lancé la proposition, le quotidien a reçu plus de 200 demandes en provenance de la France entière. Preuve que cette démarche est nécessaire et attendue.

L’importance de décoder l’information

Le Monde explique dans son guide qu’il lui a semblé essentiel de publier ce « kit pour dénicher les fausses informations » et d’entamer cette démarche pédagogique. L’objectif est de donner les clés de compréhension pour décrypter l’information, même à des lecteurs moins avertis. « La question est d’autant plus grave à une époque où de fausses informations, rumeurs et autres complots sont diffusés à grande échelle sur les réseaux sociaux, ces plates-formes d’échanges devenues médias, et où les recommandations de nos contacts valent la hiérarchie de l’information » peut-on lire dans l’introduction. À titre d’exemple, en novembre 2016, Facebook a été accusé d’avoir influencé les résultats de l’élection américaine. « Au-delà de notre travail quotidien de journaliste, il nous a semblé essentiel de revenir à la base du problème et d’expliquer aux adolescents, particulièrement vulnérables aux fausses nouvelles, ce qu’est une information, pour qu’ils apprennent à adopter, pour eux-mêmes, des réflexes journalistiques ». Ces premiers outils de décryptage mis à disposition par Le Monde sont les prémices d’un projet pédagogique encore plus ambitieux prévu par quotidien qui verra le jour à la rentrée de septembre 2017.

 

M Roizard

Des mesures en faveur des Atsems

atsems

Le Gouvernement devrait annoncer ce lundi 13 février 2017, des mesures à propos des conditions de travail des ATSEM, les agents territoriaux spécialisés dans les écoles maternelles. France Info révèle qu’après deux grèves en deux mois, ils auraient été entendus par le Gouvernement et qu’il accèderait à de nombreuses requêtes.

60 000 Atsem travaillent en France, à 99% des femmes, et aident les instituteurs de l’école maternelle à prendre soin des enfants de 3 à 6 ans. Ces agents territoriaux réclamaient au gouvernement deux choses principales : une revalorisation de leur salaire avec une possibilité d’évolution de carrière et une redéfinition de leur rôle. Ce métier aux contours très vagues n’a pas évolué depuis sa création même lors de la réforme du rythme scolaire alors que les missions ont changé et les Atsems souhaitaient que cela change. Ils ont finalement été en partie entendus.

Pas de réévaluation de salaire mais une possibilité d’évolution

Les Atsem réclamaient une hausse de leur rémunération. À priori, il n’est pas prévu qu’ils aient droits à un salaire plus élevé. Cependant, ils devraient pouvoir évoluer au cours de leur carrière de la catégorie C, la plus basse de la fonction publique, à l’échelon supérieur : la catégorie B. Par ailleurs les Atsems devraient pouvoir bénéficier du droit au reclassement. Cela signifie que la pénibilité de leur travail serait reconnue leur donnant ainsi la possibilité d’être reclassé dans la commune sur un poste d’agent administratif par exemple.

Des missions mieux définies

Si la mission principale des Atsem est de venir en aide aux instituteurs, de nombreuses autres tâches leur incombent notamment depuis la réforme du rythme scolaire. « De plus en plus d’Atsem assurent des missions qui relèvent de la prédagogie » a constaté Philippe Laurent, trésorier de l’Association des Maires de France et auteur d’un rapport remis au Gouvernement. Et selon les communes les missions diffèrent grandement. Certains Atsem peuvent faire le ménage, l’accueil du matin, la garderie du soir, la cantine… La fiche de poste n’est pas précise.

Annick Girardin, ministre de la Fonction publique devrait donc annoncer une série de mesures permettant de mieux définir leur rôle et de faire évoluer leur statut.

Les Français, mauvais élèves en anglais

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Les Français sont de très mauvais élèves en anglais. Ce n’est pas nouveau. Mais aujourd’hui il est de moins en moins concevable de ne pas maitriser, ne serait-ce qu’un peu la langue de Shakespeare. Il y a un véritable enjeu pour le monde de demain. L’anglais n’est plus seulement nécessaire pour les séjours touristiques, il est devenu un incontournable pour améliorer ses chances de décrocher un emploi et augmenter sa qualité de vie.

 

Une importante étude, réalisée par Education First a été menée dans le monde entier en 2015 et révèle l’indice de compétence en anglais. La langue de Shakespeare est largement considérée comme la principale langue internationale et comme une compétence de base nécessaire aux élèves. Certains pays, autrefois retissant, craignant que l’apprentissage de l’anglais ne soit une menace pour leur culture nationale, ont changé leur fusil d’épaule. Les données recueillies dans ce rapport montrent que l’anglais est aujourd’hui une compétence de base. En tant que tel, il possède un statut spécial et peut être enseigné et évalué à un niveau équivalent aux compétences en lecture et mathématiques en langue maternelle. Au vu de l’importance croissante acquise par l’anglais ces 20 dernières années, il est encore plus essentiel que les enfants d’aujourd’hui possèdent une solide connaissance de cette langue lorsqu’ils entreront sur le marché du travail.

 

L’anglais comme outil de communication

Par contre, dans de trop nombreux pays encore, l’anglais est enseigné sans accorder de véritable importance à son usage pratique. Beaucoup de programmes ne sont pas conçus pour l’apprentissage de l’anglais comme outil de communication. Tant que cela ne sera pas le cas, il sera impossible de tirer les avantages d’une langue mondiale. C’est en Europe que le niveau de compétence de l’anglais est le plus élevé, exception faite de la France qui ne se place qu’à la 24e place sur 27 sur le continent. « La France est tellement à la traîne par rapport à ses voisins, que ses niveaux de compétences en anglais sont comparables à ceux des pays situés à la périphérie de l’Europe. Que ce soit en raison d’une aversion culturelle envers l’anglais ou de son incapacité à réformer son système éducatif, la France suit une trajectoire différente de celle de ses voisins » analyse l’étude.

 

Le cas de la France

La France possède le niveau de compétences en anglais le plus faible parmi tous les pays évalués dans l’Union Européenne et un niveau de compétences légèrement inférieur à la moyenne mondiale chez les adultes. Le score EF EPI du pays n’a pas changé de manière significative au cours des huit dernières années, bien que son classement dans l’indice ait chuté de 20 positions au fur et à mesure de l’ajout de nouveaux pays. « Malheureusement, aucun signe n’indique un éventuel changement en France dans les années à venir » s’inquiète les rapporteurs de l’étude. Le niveau de compétences en anglais des jeunes diplômés français et des adultes plus âgés est équivalent.

 

L’exemple de la Suède

Les quatre pays scandinaves, la Suède, la Norvège, de Danemark et la Finlande occupent les cinq premières places du classement mondial. Les Pays-Bas décrochent eux la deuxième place du podium. « Cette année, la Suède a repris sa position dominante dans l’indice, une position qu’elle a occupée dans trois des cinq rapports EF EPI publiés. La Suède est l’un des quelques pays où les hommes ont un meilleur niveau d’anglais que les femmes, bien que la différence entre les sexes soit infime. Les réformes récentes du système éducatif suédois, dont la certification des enseignants pour l’école primaire et l’obligation de maîtriser l’anglais pour toute inscription aux programmes universitaires, se sont révélées efficaces, avec des améliorations stables au niveau de l’apprentissage sans dépenses supplémentaires » analyse l’étude.

Les stratégies communes partagées par les pays dont les compétences en anglais sont élevées, comprennent :

  • L’attribution d’une place à part de l’anglais par rapport aux autres langues étrangères.
  • L’attention à des compétences en termes de communication pratique dès le départ.
  • La formation des professeurs d’anglais à enseigner cette langue à des fins de communication.
  • La mise en place d’outils efficaces pour évaluer le niveau d’anglais
  • Le soutien à la formation sur le lieu de travail et dans le secteur privé pour les adultes
  • L’investissement dans la technologie et dans les outils d’apprentissage en ligne
  • La considération de l’anglais dans le cadre d’autres réformes liées à l’éducation

 

La volonté française

Consciente que la maitrise d’une langue vivante est un atout pour l’avenir, la France est en train de revoir son programme éducatif pour un meilleur apprentissage des langues vivantes. Ainsi, les langues vivantes vont être apprises dès le CP, et l’ensemble de l’apprentissage des langues étrangères se fera avec des horaires renforcés et de nouveaux programmes. Espérons que cela fonctionne, lorsque l’on voit les enjeux que cela comporte, surtout la maîtrise de l’anglais, car l’étude a notamment révélé que dans de nombreux pays, des compétences plus élevées en anglais correspondent à une baisse du nombre de jeunes au chômage mais aussi que cela ferait augmenter les salaires et donc participerait à la relance économique.

 

M. Roizard

Des programmes scolaires revus pour favoriser la maîtrise des fondamentaux

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La ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud Belkacem a présenté les grands principes éducatifs de cette nouvelle année scolaire. L’objectif est de donner les moyens aux élèves de la maternelle jusqu’au collège par un programme continu et cohérent d’acquérir et de maitriser la langue française et les mathématiques. Explications. 

 

« Lire, écrire, compter, et penser »

Les programmes progressifs ont pour vocation de permettre à chaque élève d’acquérir le socle commun : apprentissages fondamentaux en CP, CE1, et CE2, consolidation de ces connaissances en CM1, CM2 et 6e puis approfondissement en 5e, 4e et 3e

La Ministre a redonné les grandes lignes de l’apprentissage, faisant taire par la même occasion des rumeurs qui avaient circulé cet été. « Non, l’arabe ne sera pas obligatoire, le latin n’aura pas disparu, et la maîtrise de la langue française sera, plus que jamais, une exigence fondamentale. Lire, écrire, compter, et penser : voilà ce que nous tenons à faire acquérir à chaque élève » a expliqué Nadjat Vallaud Belckacem avant de préciser : « Lire, c’est savoir déchiffrer des textes, en saisir les nuances, s’ouvrir à des écrits des siècles passés comme à des œuvres contemporaines. Écrire, c’est argumenter, décrire, et s’exprimer. Compter, c’est acquérir des connaissances mathématiques solides, sans occulter l’étymologie latine du verbe, « computare », qui a donné en anglais « computer », ordinateur. En abordant le numérique, la programmation et ses enjeux, nous donnons à nos élèves le moyen d’être acteurs et penseurs de cette révolution technologique, et non plus des usagers passifs. »

 

L’accent mis sur le français et les mathématiques

La maîtrise des fondamentaux est essentielle pour la réussite des jeunes, aussi, les programmes ont été revus en fonction. En primaire, le français et les mathématiques sont recentrés sur l’acquisition de ces fondamentaux. La pédagogie de la répétition et de l’entrainement quotidien est au cœur des nouveaux programmes. Les horaires de français sont renforcés permettant des travaux d’écriture et de lecture quotidien. Il en est de même avec les mathématiques. L’objectif est de d’instruire les élèves pour qu’ils disposent : des langages pour penser et communiquer, et des méthodes et outils pour apprendre.

 

M. Roizard

 

La réforme du rythme scolaire, véritablement efficace ?

réforme rythme scolaire #ClaireYvesAndré soutien scolaire

 

Voilà deux ans que la réforme des rythmes scolaires a été généralisée. Son objectif : améliorer la réussite de tous les élèves en se rapprochant des standards internationaux. Deux ans après qu’en est-il réellement ? A-t-on prouvé son efficacité ?

 

« La réforme des rythmes à l’école primaire permettra un plus grand respect des rythmes d’apprentissage et de repos de l’enfant, conformément aux préconisations des scientifiques spécialistes de la question. Elle rapprochera la France des pratiques de ses voisins européens. Les élèves seront ainsi plus attentifs pour apprendre à lire, écrire et compter. Ils seront moins fatigués et plus épanouis. La réforme conduira en outre à un meilleur équilibre entre temps scolaire et périscolaire tout en maintenant le nombre d’heures d’enseignement hebdomadaire obligatoire » annonçait le Gouvernement en 2013. Deux ans après le rapport publié par l’Inspection générale de l’Éducation nationale dépeint un tableau mitigé loin de l’atteinte des objectifs visés.

 

Des bénéfices difficilement mesurables
Aujourd’hui, on ne dispose pas du recul, ni des moyens nécessaires pour affirmer ou infirmer le bénéfice de la réforme sur les élèves : « Tout d’abord, si les effets de la réforme sur les résultats des élèves sont encore impossibles à établir, la cinquième matinée est appréciée pour les possibilités qu’elle offre sur le plan pédagogique. (…) Comme l’ont exprimé plusieurs interlocuteurs de la mission, les effets de la réforme sur les résultats des élèves ne peuvent se mesurer que sur le temps long et sous réserve que les difficultés méthodologique – comment identifier les différents paramètres impactés par la réforme ? – puissent être surmontées » analysent les rapporteurs.
Le problème de cette réforme c’est qu’aucun outil n’a été mis en place pour se donner les moyens d’évaluer l’atteinte des objectifs. Ainsi les données recueillies sont de l’ordre du ressenti plus que du démontré. Le sentiment dominant est résumé par ce propos : « Comme souvent, lorsqu’il s’agit d’évaluer les effets d’une réforme ou de la mise en œuvre d’un dispositif, les améliorations constatées concernent d’avantage le ressenti relatif aux conditions de la réussite que les résultats scolaires eux-mêmes ».
Les enseignants semblent toutefois satisfaits de cette matinée supplémentaire. En effet, nombre d’entre eux se sentent moins bousculés et parviennent à enchainer plus sereinement les activités. S’ils n’avancent pas plus vite sur leur programme, cela leur permet d’approfondir et/ou de mieux prendre en charge les élèves en difficulté ce qui est propice à la réussite de tous les élèves.
Les deux domaines à qui profitent le plus cette matinée supplémentaire sont le français et les mathématiques mais cela se fait au détriment d’autres domaines comme l’EPS, les sciences ou encore les pratiques artistiques, qui sont même décrits comme « en danger ».

« Les améliorations constatées concernent d’avantage le ressenti relatif aux conditions de la réussite que les résultats scolaires eux-mêmes »

 

« Le jeudi noir »
De très nombreux enseignants et directeurs indiquent une fatigue accrue des élèves, en particulier en fin de semaine. Le phénomène se faisant sentir le jeudi tandis qu’auparavant c’était le vendredi seulement, et surtout en fin de période. Certains vont même jusqu’à évoquer un « jeudi noir » pour indiquer que les enfants sont particulièrement fatigués ce jour-là. Cette fatigue se traduit par une moindre attention, de l’énervement, de l’agitation, une moindre participation y compris par les éléments moteurs de la classe. Même s’il est hasardeux d’incriminer directement le nouveau rythme scolaire, sur le terrain ceci est vécu un peu comme un échec.
À contrario, une étude scientifique menée par François Testu, chronopsychologue, à Arras sur 134 enfants conduit à conclure que « la réforme des rythmes scolaires n’entraine pas plus de fatigue ». Étude scientifique controversée par son faible panel et sa méthodologie, notamment par Claire Leconte, Professeur de Psychologie de l’Éducation.
Le rapport souligne d’ailleurs que « la fatigue accrue des enfants rapportée de façon trop fréquente pour être réfutée ici, a probablement des causes multiples ». En effet, les journées des enfants sont finalement restées globalement aussi longues. Au sein des journées, le temps scolaire très structuré a été réduit au bénéfice d’un temps périscolaire moins structuré et donc plus fatigant. Le tout avec une demi-journée supplémentaire.

 

Des élèves moins présents
Par ailleurs le taux d’absentéisme est assez alarmant, notamment en école maternelle. En effet il peut dépasser 50 % en maternelle et 20 % en élémentaire, le samedi matin, pour les écoles ayant choisi cette demi-journée. Moins important le mercredi matin, il reste conséquent avec un taux pouvant atteindre 20 % le mercredi matin.
La recrudescence de ce phénomène ne pénalise pas seulement les absents mais toute la classe car il faut réajuster les cours en fonction. Certains enseignants affirment ne pas aborder de point important le samedi matin car cela oblige à tout recommencer le lundi. Le bénéfice de la cinquième matinée n’est donc plus réel.
Le rapport alerte sur ce point. « Une augmentation de l’absentéisme, si elle se confirmait, serait de nature à remettre en question l’intérêt pédagogique de la réforme des rythmes, notamment en éducation prioritaire. Il s’agit donc pour les inspecteurs généraux, d’un motif majeur d’inquiétude ».

 

En conclusion l’étude souligne l’importance à l’avenir de mesurer les réels effets de la réforme des rythmes scolaires et de se donner les moyens d’évaluer l’évolution des résultats scolaires des élèves et le taux de présence, surtout en éducation prioritaire pour atteindre l’objectif : la réussite de tous les élèves.

 

M. Roizard

Une autre idée d’éducation en banlieue. Partie 1

Faire du soutien scolaire en banlieue, c’est exactement comme être en perdition sur un radeau en haute mer et ne pas pouvoir étancher sa soif. Autour de soi, une immensité aquatique que l’on ne peut consommer, sous peine de hâter son trépas. Ainsi les naufragés crèvent de soif alors qu’ils sont entourés d’eau. C’est pareil pour le soutien scolaire en banlieue.

 

 

En Seine-Saint-Denis, l’échec et le décrochage scolaire sont tellement courants, sont tellement la règle, font partie des meubles, des spécificités locales. L’échec scolaire est quasiment une caractéristique fondamentale du département.

A n’importe qui en France, quand vous dites 93, il vous répondra : violence, immigrés, racaille, échec scolaire.
Et pourtant, il s’agit de destins brisés pratiquement dès le démarrage, dont les conséquences ne pourront qu’être néfastes pour les premiers concernés, leurs proches et surtout la nation les couvant. ça coûte de former et d’entretenir l’échec scolaire, d’en supporter le poids pendant des décennies. Et l’impression laissée est que les institutions ont montré leurs limites à inverser la tendance et à préserver une certaine qualité d’enseignement en France et notamment, dans ces territoires.

Qu’a-t-il été tenté ? Comment ? Y a -t-il un véritable désir de tenter quoi que ce soit ou les choses sont-telles actées et gérées ?

Trêve d’hypocrisies, d’aucuns pourraient se dire qu’il est sans doute utile de maintenir groupé, d’isoler, de confiner, un ilot de médiocrité pour préserver le reste du système éducatif, éviter la gangrène. Application de la stratégie de containment de Brzezinski à l’éducation. Ce que l’on ne peut détruire, contenons, mettons en quarantaine et assumons. Après tout, cela présente bien des avantages idéologiques, politiques non négligeables et soyons cyniques;

 

C’est rarement des flèches qui en sortent, alors, on en ratera bien quelques-unes, mais pour ce que ça nous coûtera financièrement et humainement de les repêcher, il vaut mieux encadrer cette misère scolaire. Et puis, les bons finissent toujours par s’en sortir. Avec ou sans notre appui, ils s’en sortiront. Les autres ? On les calmera avec le RSA.

 

Je reste persuadé que c’est le raisonnement intime de certains personnages chargés d’apporter des solutions à ce désœuvrement social. C’est difficile d’être aussi obtus et incompétents. 40 ans et ils n’ont rien d’autres dans le sac que les mêmes ficelles inopérantes.

 

150000 jeunes en France qui quittent l’école sans diplôme et l’autre beau jacteur combat avec passion et acharnement les rythmes scolaires.

– Docteur, je crache mes poumons à chaque fois que je tousse…

– Je vois, prenez mes kleenex, ça va vous soulager..

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Caricatural ? Je ne crois pas. Mais, comme de millions de personnes, j’ai la sensation de pouvoir apporter d’autres réponses à ce fléau. Car, rien n’a encore été fait pour combattre ce sinistre scolaire en banlieue. Rien.

Rappelons encore que 150000 jeunes quittent le système scolaire sans diplôme. 150000. Depuis le 11 septembre 2001 que l’Islam est devenu la raison de vivre de la scène médiatico-politique en France, 1.800.000 jeunes sont partis à la casse, avant d’avoir décrochés ne serait-ce que le BEPC. 1800000. Mais 24000 femmes en burqa menacent la république et Dudule, mon pote agriculteur, suicidaire en sursis, estime que Mamadou et Safia menacent sa sécurité dans l’Isère.

Loin de moi l’idée de disqualifier l’apeurement de Dudule ou de moquer la reconquista de nos grands souverains laïcs. Simplement, l’époque appelle des grands hommes, capables de prendre de grandes décisions et d’en assumer les conséquences désagréables. On attend une vision. Ils font de la politique. Je sais que dans le climat de génuflexion obligatoire devant le sympathisant du Front National, les priorités sécuritaires ont la cote, que tout discours dissemblable rapproche immanquablement du benêt, du lunatique, du permissif. Idéaliste, l’injure. Soit !

defile-salon-du-chocolat-2012_1150832Je peux souffrir d’être la chèvre de Mr Desouche, quand je vois le délabrement éducatif des enfants du 93.

 

Eurent-ils été autre chose qu’une majorité de noirs, me serais-je senti concerné ? Je dois à l’honnêteté de dire non.

Ce qui me fait mal, c’est de voir tous ces bataillons de nègres qui vont à l’abattoir, en souriant, inconscients du projet funeste vers lequel leur immobilisme les mène. Nos petits-frères et sœurs se noient par milliers en banlieue et la négrogeosie parisienne de nous les briser avec Guerlain et Chanel.

J’ai trouvé cette photo en rédigeant cet article, celle de la journaliste-femme-chocolat Audrey Pulvar, et je me suis demandé si je devais en rire ou en pleurer. Nous en sommes là (las aussi)…

 

 

Beaucoup aime parler. Je ne suis pas du reste. Néanmoins, si l’État français applique avec beaucoup d’ingénuité sa stratégie de confinement, de mise en quarantaine sociale de cette partie noire de sa chair, il est de notre devoir de nous en saisir,  de mener ce combat contre l’échec scolaire.

Personne ne vous le dira; mais quand des interviewés anonymes disent qu’ils quittent les banlieues car ils ne se reconnaissent pas dans l’enseignement qu’y reçoivent leurs gosses; c’est de vous qu’ils parlent. Oui, c’est de nous qu’ils parlent.

Et même moi aussi, je n’enverrai pas le chat dans une école publique du 93. Même si l’on me payait. Car, je sais pertinemment ce que j’accueillerai au pas de ma porte à 18 ans.

 

L’échec scolaire est le fléau numéro 1 de la communauté noire en France, certainement le fléau numéro 1 en France par ricochet et, nous devons faire face à nos responsabilités de parents, de citoyens et nous atteler à offrir autre chose que ce que je vois, et que nous voyons tous.

 

Je prêche dans le désert, à n’en pas douter ! J’entends déjà les blablateurs rétorquer en chœur :

pour qui se prend-il, ce blédard ?

 

Pour un négro qui a encore honte; contrairement à vous. Oui, j’ai honte de savoir ce que nous représentons ici. J’ai honte de ceux qui nous représentent; ces négros de salons, ces Butler et autres Oncle Tom prêts à toutou pour une gamelle à la table des vainqueurs. J’ai honte, je l’avoue. Quand je vois un noir parler à la télé, je crains le pire. Quand je lis la soumission dans le regard de ce frère prêt à se battre contre moi pour contenter son maître. J’ai honte de l’image que l’on renvoie partout dans le monde. J’ai honte de vivre dans cette plantation. J’ai honte de voir des frères s’y complaire. J’ai honte. On pourrait faire tellement pour changer ou influencer le cours des évènements. Je sais. Je suis un donneur de leçons; je l’assume. Si vous aviez aussi honte que moi, vous le seriez, vous aussi et nous n’en serions plus là.

 

 

Parlons peu, parlons vrai
Avec deux amis, Florian et Charles, nous avons créé ClaireYvesAndré en 2010.

But : proposer du soutien scolaire, à domicile à des tarifs très compétitifs. Moins de 10€ de l’heure.
Comment : en associant les enfants par 2 ou maximum par 3. Le cout de l’heure reste fixe : 30€.

Les parents vivant en HLM (immeubles, quartiers regroupés, tous se connaissent, les enfants vont dans les mêmes écoles, vivent dans le même environnement) ou en pavillons regroupent par binômes ou trinômes leurs progénitures pour des cours de français et de mathématiques au domicile de l’un des parents.

Les étudiants sélectionnés sont les uniques tuteurs. Il est évident que le bénéfice social pour cette classe et notamment pour les étudiants de banlieues qui rament pour trouver des jobs et financer leurs études est conséquent en termes financiers, sociaux et humains.

C’est simple, pratique et cela offre le gros avantage de concurrencer directement le travail illégal puisque les cours au noir vont de 15-20€/h. Avec un trio, le coût n’est plus que de 10€/h pour le parent. Et surtout, les bénéfices de ce type de travail en groupes en terme de motivation personnelle, d’émulation collective et d’efficacité sont très importants. Je ne peux que conseiller la lecture des ouvrages d’Alain Baudrit, professeur des universités et spécialiste français du tutorat.

Donc, je vous disais que nous avons lancé cette société de soutien scolaire en banlieue (pour la banlieue par la banlieue) pour apporter une assistance de qualité aux jeunes décrochés, qui comme vous le savez, pullulent dans le coin. Je tiens aussi à signaler que nous avons pensé immédiatement à une société car nous considérons que les associations et tout ce système structuré d’accompagnement de la misère, font partie du problème banlieue. J’y reviendrai dans mes recommandations.

 

Au bout de 3 ans, il est aujourd’hui possible pour moi de tirer des conclusions sur cette expérience très instructive malgré mes nombreuses déconvenues.

 

 

Constats simples suite à la création de ClaireYvesAndré. (Aucune vérité scientifique dans ces propos. Simplement le produit de 3 ans de terrain)

 

Malgré tous nos efforts, notre société n’a jamais décollé.

 

Les familles n’ont visiblement aucun intérêt pour le suivi scolaire de leurs enfants. Très peu d’appels d’information par exemple

 

Les familles qui nous appellent pour avoir des précisions sont très largement d’origine caucasienne, suivies des familles maghrébines et enfin des familles noires. La disproportion est importante entre les familles blanches et maghrébines et encore plus abyssale entre les familles blanches et noires.

 

Notre approche du soutien scolaire n’intéresse aucunement les acteurs sociaux du département, et encore moins les médias, vous vous imaginez bien. Mais bon, ça c’est normal, si leurs rédactions étaient remplies de flèches, ça se saurait, ça se verrait. Sans doute, ne termineraient-ils pas dans des journaux municipaux. J’assume mes propos sur ces journalistes du 93 qui pour moi, font partie de ce système de plantation propre au département.  Rappelons que depuis 50 ans, sur les 40 mairies du 93, 0 maire noir, arabe, chinois ou paki. Évidemment, vous les retrouverez adjoints aux sports, à la démocratie locale et toutes sortes de joyeusetés.

Donc, j’estime qu’en temps de vaches maigres, des villes pauvres comme les nôtres n’ont pas à entretenir ces cohortes de d’agents de communication, payés une fortune avec nos impôts (villes pauvres, rappelons-le) pour diffuser les désidératas de leurs édiles révérés.

 

Les familles noires intéressées ne sont pas prêtes à payer 10€ pour leur enfant et mieux, la plupart me demande toujours si c’est à moi de venir dans leurs quartiers pour rechercher d’autres enfants avec qui former leurs duos ou leurs trios.

 

– Le conseil que nous avons  le plus reçu avant, pendant et probablement après : créez une association, vous aurez des aides et ça marchera car votre projet a un but social évident.

La mentalité est donc à ce parasitisme social que nous combattons par notre action et à la perpétuation de cet assistanat qui est le cancer de nos esprits banlieusards.

 

Cela me tue de le dire mais pourtant, il faut bien constater que je ne suis pas le chef d’entreprise que j’aurais rêvé d’être. Il y’a beaucoup de moi probablement dans cette situation peu flatteuse et je me félicite simplement d’avoir évité de ruiner mes deux associés dans cette aventure.
Je déteste la pleurniche mais je dois néanmoins constater que lorsque Florian tenait le standard téléphonique, j’avais davantage de visites et de retours de la part des parents qui appelaient. Disons que mon accent camerounais ne plaide pas pour notre cause. Et je le conçois aussi. Après tout, même moi aussi, je m’interrogerais si un chinois me vendait du fromage. Donc, je peux concevoir que le prospect ait des réticences envers moi. Ce qui m’atterre par contre, c’est que la plupart des échanges avec des familles noires soient toujours compliqués, dirons-nous. Ma conviction est que, dans toutes autres communautés, ClaireYvesAndré aurait percé immédiatement et serait portée et supportée par la communauté. Dans la communauté noire, nous ne brillons malheureusement pas, par notre solidarité. Ceci explique sans doute cela.

 

Les bons résultats, certes peu nombreux que nous avons eu, sont néanmoins probants. Je pense à la petite Angelica qui était à la dérive au CM1, contrainte à redoubler et qui est aujourd’hui cette fillette qui est passée en 5e avec 14 de moyenne. Guillaume, Marthe, Dominique, Elliot, Pierre, Antoine… Et tous ces gosses que j’ai eu la chance d’accompagner vers la réussite. ça marche. Le soutien scolaire n’est pas la panacée, c’est sûr. Mais, c’est un bon complément à l’école et les familles privilégiées sont bien placées pour le savoir. Sauf qu’une gauche moraleuse trouve cela dangereux pour « l’équité sociale »; mais se l’autorise pour leurs propres enfants. Vous savez, ces gens bien, qui savent toujours mieux que vous, ce qui est bien pour vous.

Aux pauvres, associations et travail illégal; aux riches, niches fiscales et privilèges.

 

Sorti du 93, l’accueil de notre approche de soutien scolaire n’est pas non plus  terrible. Malgré le fait que nous ayons communiqué et essayé pendant ces années de rendre visible cette alternative à l’assistanat et aux niches fiscales inefficaces des services à la personne (50% d’exonérations fiscales pour les familles de riches. Cela n’a rien changé à la face du travail illégal dans le soutien scolaire. 80% du soutien scolaire est toujours aux mains du travail au noir. Par conséquent, quelle efficacité pour cette formule d’assistanat pour fortunés ?). Clairement, la mentalité générale est à l’assistanat pour tous et notamment pour les plus aisés. Tout autre discours ne trouve aucun écho sur la scène socio-politique. De bons chiens dans les niches veillent (suppression exonérations fiscales pour les cours à domicile, mais pas pour le soutien scolaire à domicile. Le soutien scolaire à domicile n’est pas un cours à domicile. Comprendra qui pourra.)

 

Certains me demandent toujours pourquoi je m’acharne à proposer un service à des gens qui n’en veulent pas?

Parce que je veux que ClaireYvesAndré soit la verrue sur le beau visage de cette France du parasitisme social et de l’assistanat institué.

A Rome, fais comme les romains, dit l’adage. Eh ben, non ! Je refuse de profiter d’un système de parasitisme social (niches fiscales, associations,…). Sans doute, suis-je con. Mais j’aime ma connerie heureuse. L’on peut avoir du soutien scolaire à domicile à 10€ pour toutes les familles et notamment les plus modestes, les premières concernées par l’échec scolaire. Avec ClaireYvesAndré, nous l’avons prouvé. Nous ne participerons pas à cet arnaque social ridicule où nous avons des assistés qui se croient entrepreneurs et respectables. Nous n’avons pas la même idée de l’entrepreneuriat.

Et concernant l’éducation, je pense que c’est dure, que cela doit être dure pour avoir de l’importance. Il faut du sacrifice, de la discipline, du travail pour avoir des gamins bien éduqués. Il faut que cela fasse mal pour que les parents, les enfants engagés dans cette éducation, en tirent le plus de bénéfices. Comment participer à un système qui réclament des efforts de concentration supplémentaire des gamins et qui est lui-même adossé à de l’assistanat ?

 

Si vous pouvez avancer 30€/h pour le suivi de votre enfant, souffrez de ne pas être remboursé de 15€ par l’État. Cela vous fera prendre conscience du sacrifice réel que vous opérez, votre gamin le notera aussi et prendra avec plus de sérieux et d’application les cours qu’il reçoit à la maison. Et pour les familles modestes, le fait de mettre 10€ de sa poche pour renforcer son enfant est encore plus impactant dans son engagement.

Tout ce qui est gratuit n’a aucune importance. Et n’oubliez jamais que 50% des français actifs gagnent moins de 1500€ par mois. C’est dans ces couches que se trouvent l’essentiel des enfants en échec scolaire. Créer et maintenir un système de niches fiscales pour les familles de riches concourt à perpétuer l’échec scolaire en France. Car, les familles pauvres n’auraient pas les moyens de payer 30€/h pour chacun de leurs enfants en perdition.

L’on ne peut réduire la lutte contre une éducation pitoyable au soutien scolaire. Je le conçois parfaitement. Il y’a déjà tellement à faire pour essayer d’élever le niveau d’exigences de l’enseignement public dans ces zones de dévastation scolaire.  Ce sera mon premier axe de suggestions.

 

 

 

 

Mes axes de travail pour une meilleure école en banlieue

 

 

– L’école
Partie 2 : à suivre