Le programme d’Emmanuel Macron sur l’éducation

 

En Marche

À quelques jours du second tour des élections présidentielles, il reste encore de nombreux indécis quant au choix du bulletin à mettre dans l’urne. Emmanuel Macron reste toutefois en tête des sondages. Le candidat du mouvement En Marche l’affirme, il veut faire de l’école « le combat premier » s’il est élu président. Que propose-t-il concrètement en termes d’éducation ? Comment son projet est-il perçu du corps enseignant ?

 

 

Le programme de l’éducation d’Emmanuel Macron partage. En effet si certains de ses projets de réforme sont bien acceptés du corps enseignant comme le fait de favoriser les zones d’éducations prioritaires et de leur donner plus de moyens, certains s’inquiètent qu’il n’aille pas assez loin. Le candidat du mouvement En Marche propose notamment de réduire le nombre d’élèves en CP et CE1 à une petite quinzaine pour faciliter l’apprentissage et de rétablir les études dirigées après la classe dans tous les établissements. Des professeurs craignent que les élèves du collège en zone d’éducation prioritaire ne soient pas assez pris en compte dans ce projet de réforme. Il prévoit toutefois la mise en place de stages de remise à niveau à la fin des vacances d’été au primaire et au collège.

 

Un suivi plus personnalisé

Le candidat d’En Marche souhaite que la scolarité soit plus individualisée et désire mettre en place des bilans personnalisés de la grande section de maternelle jusqu’à la troisième pour mesurer les progrès de chacun. Il souhaite également améliorer l’information en matière d’orientation « Nous devons parler d’orientation plus, et plus tôt. Faire venir des professionnels à l’école et présenter leurs métiers » annonce-t-il. Il désire également promouvoir l’alternance et l’apprentissage dans toutes les filières. « On a cantonné l’apprentissage dans les filières les plus techniques et manuelles et c’est une erreur » avait-il annoncé au Medef au mois de mars.

 

Donner plus d’autonomie aux établissements

Enfin, autre mesure phare et plus controversée, le programme du mouvement En Marche prévoit de donner plus de liberté aux établissements. Ainsi il propose que les communes organisent elle-même le temps périscolaire en collaboration avec les écoles ou encore que les collèges rétablissent les parcours bilingues et européens. Certains enseignants craignent que cette autonomie des chefs d’établissement ne donne trop de pouvoir au personnel de direction « qui ne sont pas formés sur la gestion des personnels et peuvent devenir des petits potentats locaux. On a besoin de cohérence » affirme Claire, professeur dans un lycée agricole au micro de RMC.

Une nouvelle version du Bac

S’il est élu, Emmanuel Macron souhaite réformer le baccalauréat en ne laissant que quatre matières, les autres étant évaluées en contrôle continu. D’après lui cela permettrait de réorganiser le temps scolaire.

 

Une formation plus factuelle des enseignants

Le candidat d’En Marche voudrait que la formation des enseignants s’effectue en alternance dès la licence pour leur donner une expérience terrain. Par ailleurs il souhaite mettre fin à l’affectation des jeunes diplômés dans les zones d’éducation prioritaire et que ces postes soient réservés aux enseignants ayant au moins trois ans d’expérience. Ceux qui choisissent d’exercer en ZEP pourraient recevoir notamment une prime supplémentaire de 3 000 euros net par an.

 

M. Roizard

Education : le programme de Marine Le Pen

marine Le Pen présidentielle

La candidate du Front National, Marine Le Pen est qualifiée pour le second tour des élections présidentielles. La candidate n’a pas fait de l’éducation un thème central de sa campagne n’évoquant pas ou peu le sujet. Mais une dizaine de mesure, sur ses 144, sont consacrées à l’école et à l’enseignement supérieur.

 

 

Le renforcement des fondamentaux

Pour Marine Le Pen, il est indispensable de revenir à l’enseignement des fondamentaux « et de consacrer la moitié du temps d’enseignement au français, à l’écrit comme à l’oral ». Cela porterait à 12 heures par semaine les leçons de français du CP au CE2 au lieu des 10 heures aujourd’hui et à 8h en CM1 et CM2. Comme l’explique Alain Avello, membre du comité stratégique de la campagne en charge du volet éducation « la réussite d’un enfant est conditionné par l’apprentissage du français ». Il n’est pas question pour autant de rallonger les journées des enfants. Il faudrait donc supprimer des heures dans d’autres matières mais le programme n’annonce pas lesquelles. « Il est inéluctable qu’il faille réduire les autres disciplines » concède Alain Avello. Par ailleurs la candidate du Front National souhaite interdire l’enseignement des langues et cultures d’origine.

 

Des réformes à tous les niveaux 

Marine Le Pen est très claire là-dessus, elle souhaite abroger la réforme des rythmes scolaires. Pour le collège, elle veut mettre fin au collège unique et désire orienter les élèves dès 14 ans vers l’apprentissage pour revaloriser les filières manuelles. Ces jeunes pourraient cependant revenir dans la voie générale jusqu’à la seconde.

En ce qui concerne le lycée, Marine Le Pen prévoit en histoire « la promotion du roman national », la suppression de la philosophie pour les filières technologiques et des heures de ‘Civisme et de droit’ à la place de l’enseignement de moral et civique. Pour cette réforme, elle souhaite créer un Capes de droit et recruter des professeurs.

 

L’école ‘un asile inviolable’

La candidate cite Jean Zay dans son programme et souhaite faire de l’école « Un asile inviolable ou les querelles des hommes n’entrent pas ». Elle désire instaurer le port de l’uniforme en primaire et rétablir l’autorité et le respect du maitre. Pour y parvenir le front National propose d’instaurer plus de discipline et de compléter l’arsenal de sanctions. À titre d’exemple, comme on peut le lire dans les colonnes de Libération, Alain Avelo imagine éloigner les éléments perturbateurs de leur établissement d’origine en les mettant en internant à environ 80 kilomètres.

 

Évolution du projet sur la gratuité de l’école

Dans son projet initial, Marine Le Pen prévoyait un délai de carence avant d’accorder la gratuité aux enfants d’étrangers en situation régulière. Depuis son accord avec Nicolas Dupont-Aignan, elle a accepté que ce délai de carence concernant la gratuité de l’accès aux services publics ne concerne pas l’école.

 

M. Roizard

Le programme sur l’éducation d’Emmanuel Macron

 

Emmanuel Macron

Emmanuel Macron a dévoilé jeudi 2 mars son programme pour les présidentielles de 2017. Parmi les thèmes abordés, l’éducation. Le candidat du mouvement En Marche souhaite ‘une école qui garantisse la réussite de tous et l’excellence de chacun’. Pour cela il est selon lui nécessaire de donner la priorité aux fondamentaux et que les élèves qui sortent du lycée soit aussi bien prêt à s’intégrer rapidement professionnellement qu’à poursuivre leurs études. Voici les mesures qu’il propose pour y parvenir.

Pour Emmanuel Macron, il est important de relacer les élèves au cœur du débat et des réformes de l’éducation nationale. « Les élèves sont trop souvent les oubliés des réformes de notre Education Nationale. Notre principal objectif, celui qui doit présider à toute décision, c’est donc avant tout la réussite et l’épanouissement de chaque élève » explique-t-il. Pour Emmanuel Macron, l’éducation est la clé de la cohésion sociale et de la prospérité de la France. Il convient selon lui de réduire les inégalités qui se creusent à l’école.

 

Les propositions d’Emmanuel Macron

Pour le candidat la priorité doit être donnée à l’acquisition des fondamentaux en maternelle et en primaire puis à l’accompagnement personnalisé et à l’orientation au collège. Ainsi, il est nécessaire selon lui de « donner la priorité à l’apprentissage des fondamentaux ‘lire, écrire, compter’ dans le pré-scolaire, en maternelle et au primaire ». Pour y parvenir, il propose notamment de poursuivre la création de places en crèches et de diviser par deux les effectifs des classes de Cp et CE1 en REP et REP+. Il propose également de mettre en place au début de chaque année scolaire, des bilans personnalisés de la grande section jusqu’à la 3e pour aider les enseignants à pouvoir mesurer les progrès de chaque élève.

Par ailleurs, Emmanuel Macron désire renforcer l’accompagnement et les dispositifs d’orientation au collège et au lycée. Il souhaite également remettre en place le dispositif d’accompagnement après la classe pour venir en aide aux élèves en difficultés. Enfin, le candidat souhaite garantir à chaque jeune Français une insertion professionnelle réussie. Pour Emmanuel Macron, cela passe notamment par une intensification de l’apprentissage et souhaite donner les moyens pour que celui-ci fonctionne : « nous ferons un effort massif pour l’apprentissage. Nous développerons les périodes de pré-apprentissage, et les filières en alternance dans tous les lycées professionnels. Nous impliquerons pleinement les branches professionnelles dans la définition des programmes et l’organisation des formations ».

Toutes ces propositions s’accompagnent de mesures d’accompagnement et de formation du corps enseignant tout en souhaitant laisser plus de champ libre aux équipes pédagogiques pour qu’elles puissent s’adapter à leurs élèves.

 

M Roizard