« Touche pas à ma ZEP », l’éducation prioritaire dans les lycées

ZEP

Les professeurs d’un grand nombre de lycée en Zone d’éducation prioritaire ZEP étaient de nouveau en grève dès le jour de la rentrée, mardi 4 janvier, pour demander des moyens supplémentaires et éviter les classes surchargées. Pour les enseignants, les lycées en Zone d’éducations Prioritaire, ZEP sont les grands oubliés de la réforme de l’hiver 2013.

De la ZEP au REP

Pendant l’hiver 2013-2014, Vincent Peillon, alors ministre de l’éducation Nationale a proposé une réforme de l’éducation prioritaire pour réduire les inégalités entre les élèves. « L’inégalité face à l’éducation est la première des injustices contre lesquelles nous devons lutter. Or elle s’est accrue ces dernières années. La refondation de l’École de la République que nous avons engagée depuis plus d’un an est tout entière tournée vers l’ambition de rendre notre École plus juste, de faire qu’elle soit exigeante et bienveillante avec tous les élèves, pour les porter au plus haut de leurs possibilités. La difficulté scolaire est aujourd’hui concentrée sur certains établissements, où les élèves sont le plus souvent issus de familles défavorisées. Lutter contre ces inégalités est l’affaire de la société dans son ensemble, mais l’École doit en prendre pleinement, résolument sa part. C’est ma volonté. C’est pourquoi il est impératif d’engager un plan sans précédent pour refonder l’éducation prioritaire, et de faire comprendre à chacun que la justice n’est pas l’ennemie de l’excellence mais sa condition. » C’est ainsi que les ZEP se sont transformées en REP (réseau d’éducation prioritaire).

 

Une réforme qui ne concerne pas les lycées

Cette réforme a été bien accueillie et n’est pas remise en cause, seul problème, elle ne concerne que le primaire et le collège. « Les lycées ne sont pas pris en compte et ça fait deux ans qu’on nous dit que ça doit arriver » témoigne Clément Airaud, professeur de science physique et membre du collectif ‘Touche pas à ZEP’. Les lycées de ZEP se mobilisent donc depuis pour ne pas être oubliés par cette réforme. Pour Marc Douaire, président de l’Observatoire des zones prioritaires, « Les choses se jouent en primaire, pas au lycée. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de problème en lycée, mais on ne peut pas donner le label éducation prioritaire comme si c’était le sésame, chaque fois que des enseignants rencontrent des difficultés » peut-on lire dans les pages du quotidien les Echos.

 

Ce que souhaite le collectif « Touche pas à ma ZEP »

Pour l’instant le collectif a obtenu 450 postes supplémentaires et une clause de sauvegarde jusqu’en 2019. « Nous ne savons même pas où seront mis ces postes, s’indigne Clément Airaud au micro de France Inter, on ne veut pas de mesure exceptionnelle, on veut une carte des lycées prioritaires avec des effectifs réduits dans les classes ». Pour le collectif ‘Touche pas à ma ZEP’, le débat se situe là. Les élèves en difficultés ont besoin d’être moins nombreux dans les classes pour pouvoir bénéficier de plus d’attention du corps enseignant. « Il y a des élèves qui ont plus de difficultés, ils ont besoin d’accompagnement et d’une stabilité des équipes enseignantes » poursuit le professeur. D’après les études des classes à effectif réduit fonctionnent d’ailleurs. Nadjat Vallaud-Belkacem l’avait d’ailleurs reconnu lors d’une visite dans le lycée Romain-Roullabd de Goussainville dans lequel travaille Clément Airaud, la ministre avait alors « salué les très bons résultats de ce lycée », obtenus grâce à « beaucoup d’accompagnement personnalisé et de travail en petits groupes ».

Le collectif s’inquiète de n’avoir aucune nouvelle du ministère, surtout à l’approche des élections présidentielles et du futur changement de gouvernement.

 

M Roizard

 

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