Un jeune sur dix en difficulté de lecture

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D’après un rapport de la direction des études statistiques du ministère de l’Éducation, les difficultés de lecture des jeunes de 16 à 25 ans ont progressé entre 2014 et 2015 tant du côté des « très faibles » que des « médiocres »

 

Cela fait sept ans que les jeunes participant à la Journée de la Défense et de la Citoyenneté (JDC) sont soumis à un test de lecture. Ils doivent répondre à plusieurs séries de questions à l’aide d’un boitier électronique qui enregistre les réponses mais également dans certains cas, le temps de réponse. Quatre épreuves permettent d’établir cette étude : l’épreuve d’automaticité de lecture, l’épreuve de connaissance lexicale et enfin, deux épreuves de traitement complexe.

D’après les évaluations menées lors de la Journée de la Défense et de la Citoyenneté en 2015 sur 770 000 jeunes âgés de 16 à 25 ans, 9,9 % d’entre eux ont de « très faibles capacités de lecture » voire même sont en situation d’illettrisme et 9,4 % ont une maîtrise fragile de la lecture. L’étude révèle également une augmentation des « lecteurs médiocres » de près de 1 point (9,4 % en 2015 contre 8,6 % en 2014). Leur lecture est fonctionnelle grâce à une stratégie de compensation fructueuse. Ils ont su adapter leur vitesse de lecture, relire, maintenir un effort particulier d’attention en dépit de leur mauvaise automatisation des mécanismes de base de la lecture. Ces jeunes, qui rencontrent des difficultés sévères, pâtissent d’un déficit de vocabulaire.

 

« 4,3 % des jeunes rencontrent des difficultés sévères »

Plus le niveau d’études est élevé, moins ils rencontrent de difficultés. En effet, 42,7 % des jeunes qui peinent n’ont pas dépassé le collège contre 3,7 % pour ceux qui déclarent suivre des études générales ou technologiques au lycée.

Par ailleurs, il existe une réelle disparité en France. La fréquence des difficultés de lecture en France métropolitaine est plus prononcée dans les départements du Nord ou entourant l’Île-de-France. Et sur ce secteur la part des jeunes en difficulté varie de 4,6 % à Paris à 11,5 % en Seine-Saint-Denis. Outre-Mer, les pourcentages sont encore plus important avec environ 30 % pour la Guadeloupe, la Martinique et la Réunion et même 75 % à Mayotte. Ces comparaisons entre département doivent cependant être maniées avec précaution.

Ces résultats concernent les jeunes de nationalité française, qui représentent environ 96 % des générations scolarisées en France, cette proportion pouvant être sensiblement différente d’un département à l’autre. De plus, les jeunes participants à la JDC n’ont pas tous le même âge. « Certains jeunes, en proportion variable selon les départements ne se sont pas encore présentés à la JCD, et on sait qu’ils auront globalement de moins bons résultats que les autres » rappelle l’étude.

Le pourcentage de jeunes en grande difficulté est très différente selon le sexe : 11,3 % des garçons contre 8,4 % des filles. De fait les garçons réussissent moins bien les épreuves de compréhension et témoignent souvent d’un déficit des mécanismes de base de traitement du langage écrit. Cette disparité fille / garçon diminue avec le niveau d’études.

M. Roizard

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