Comment éviter d’élever un enfant-roi ?

enfant-roi

 

 

Dorénavant, nous y allons tous en courant; l’enfant au centre de l’école, l’enfant, ce petit dictateur qui fait courir sa famille au pas. Les parents sont invités à céder systématiquement à toutes sortes de caprices de leurs rejetons au prétexte ridicule que la parole de l’enfant est parole d’évangile.

 

 

 

Il ne faudrait pas les taper s’ils font des bêtises. Il faudrait leur parler, les écouter et négocier avec eux afin de trouver un terrain d’entente entre les deux parties. Nous avons dérivé vers l’autre extrémité: ne pas les sermonner, les punir “convenablement”, ne pas s’opposer à eux, ne pas les contredire, tolérer, accepter, écouter, plier. Si votre enfant vous insulte, vous devez encaisser, lui dire que ce n’est pas bien et parlementer jusqu’à ce qu’il daigne accepter de s’excuser.

 

‘je te laisse regarder la télévision jusqu’à 21h30 si tu acceptes de te brosser les dents avant de te coucher’.

Les enfants ont la main et les parents doivent mettre leur tenue favorite de souffre-douleurs pou satisfaire leurs désidératas. Ces enfants sont mal élevés, indisciplinés, prétentieux, égocentrés, incapables de supporter un refus. De la graîne de racaille en germinaison. Entre ce chenapan tant revéré, cet enfant-roi, enivré par son nouveau pouvoir sur ses parents vendus à la passivité et l’écoute active, et la fessée; il y’a tout un monde de nuances qui pourraient être évoqués sans passer pour un goujat et surtout, adaptés à chaque situation familiale, à chaque enfant.
Parents, réapprenez à dire “non”.

 

 

 

1- On ne négocie pas avec les terroristes

 

 

Et votre rôle de parents est de faire comprendre à votre enfant dès son plus jeune âge qu’il n’est pas le centre d’attention de tout le monde et qu’il doit comprendre qu’il y’ a des limites, des responsabilités à tous les actes qu’il posera dans la société. Les enfants d’aujourd’hui sont des petits narcissiques en puissance à qui l’on laisse croire que tout leur est dû. Mais on ne négocie pas avec les terroristes, fussent-ils de très belles petites têtes blondes avec de magnifiques cheveux bouclés.

 

Vous êtes le parent, vous êtes l’adulte, vous êtes l’autorité. Je sais que c’est un mot qui est entrain de tomber en désuétude mais les parents feraient mieux de le réintégrer fissa dans leur vocabulaire. Vous ne devez pas céder aux caprices de votre enfant. Il ne décide pas de l’heure à laquelle il va au lit, des horaires de jeux vidéos, de l’alimentation de la famille, de ce qu’elle fait le week-end. Il ou elle doit savoir que ses pulsions, ses envies ne prévalent pas dans vos décisions. Ce n’est pas à votre enfant de fixer quelque terme de négociations. Vous êtes l’adulte, la raison, le juge, le bourreau… Vous êtes roi dans votre royaume, dans votre foyer. Vous décidez de ce qui est négociable dans la limite du raisonnable et de ce qui ne l’est pas. Et vous devez le faire savoir clairement à tous.

 

 

 

2- Plus il pleure, plus vite il apprendra

 

 

C’est la première méthode de manipulation des enfants : pleurer pour vous attendrir, vous amadouer, vous faire céder. Quelque soit leur âge : faites clairement comprendre à vos enfants que les larmes ne les sauveront pas de quelque punition qu’ils ont mérité. Ne vous laissez pas abuser par cette ruse que vous avez vous-même utiliser quand vous étiez un môme. Un enfant qui joue à pleurer pour éviter de subir les conséquences de ses bêtises, sera un adulte incapable d’accepter les remontrances d’un supérieur au travail lorsqu’il aura ‘merdé’. Il sera très émotif et face à quelques adversités qui se présenteront sur son chemin, il s’apitoiera sur son sort et recherchera systématiquement la sympathie des autres au lieu d’être persévérant, travailleur et revanchard.

 

L’enfant-roi est immature comme tous les autres enfants mais le demeure jusqu’à ce qu’il soit confronté à la dure réalité de la vie et qu’il s’effondre. C’est votre faute, à vous parents, d’élever ce type d’individus sans colonne vertébrale. Alors laissez le pleurer son saoul, faire la gueule toute la journée autant qu’il le souhaite. Il vous testera une ou deux autres fois et quand il comprendra qu’il n’aura pas de passe-droits avec des larmes sur la joue, il s’arrêtera et apprendra à assumer ses bêtises. Vous en aurez fait un adulte responsable.

 

 

 

3- Sortez-le de vos jupons, mesdames !

 

 

Il peut être très tentant de garder vos enfants à vos côtés pour une mère. Il serait plus avisé pour vous de pousser votre enfant et notamment les garçons, d’abandonner progressivement votre compagnie. Votre enfant ne doit pas devenir un fils à maman. Plus il grandit, plus il faudra que vous organisiez pour qu’il passe plus de temps avec d’autres garçons de son âge, avec ses frères, cousins et avec son père.

 

Envoyez-le passer les vacances chez des membres de votre famille et appelez-le chaque soir au début. Puis, tous les deux jours. Et ainsi de suite. Qu’il apprenne tôt à s’épanouir dans un autre univers que le vôtre. Offrez-lui un instrument de musique ou permettez-lui de s’isoler dans une passion quelconque comme l’astronomie, la lecture…

 

Bref, votre enfant est un individu à part entière et non une simple extension de vous-même, de vos intérêts, une chambre d’écho de votre égo. Vous devez éduquer un futur homme parmi les autres hommes, pas une meilleure femme, un chevalier servant.

 

 

 

4- Cessez d’acheter leur amour

 

 

C’est l’un des travers de ces parents 2.0; tout faire pour contenter leurs mioches. Et plus ces enfants s’enfoncent dans la désobéissance, plus ces parents quémandent leur attention, leur intérêt, leur affection. Souffrez qu’il vous “déteste” une heure, une journée, une semaine et qu’il vous respecte pendant tout le reste de sa vie. Vous n’êtes pas obligés d’élever des démons, sans aucune limite à leurs dérapages inacceptables.

 

 

Lui payer ses jeux préférés, avaliser toutes ses caprices, s’agenouiller devant toutes ses idées les plus saugrenues, le placer sur un piédestal parce qu’il ou elle est votre enfant… C’est le détruire, le préparer à se crasher quand viendra la vie d’adulte. Ne faites pas de cadeaux à vos enfants juste pour qu’ils vous apprécient davantage. Faites les quand cela compte vraiment. Vous n’êtes pas obligé d’organiser son anniversaire. Un gâteau à partager en famille sans fioritures suffit amplement.

 

 

Vous n’avez pas à être cools avec vos enfants; vous n’êtes pas leurs potes. Quand ils seront grands, dans leur propre maison, indépendants et qu’ils viendront vous rendre visite, vous pourrez être tous les potes du monde que vous souhaitez. En attendant, vous êtes le père, la mère, le guide, le tuteur, l’autorité.

 

 

 

5- Ne laissez passer aucune attitude négative envers quelque personne étrangère

 

Et notamment les petits gens. Votre enfant insulte une caissière, un passant; vous devez le reprendre immédiatement et lui demander d’aller lui faire ses excuses sur le champ. Votre enfant crache sur un autre enfant, il doit s’excuser et être puni. Votre enfant harcèle ses camarades, vous devez le remettre au pas, le punir et lui apprendre à mieux se comporter en société. Il va de soi que s’il le fait en famille, il faut graduer la punition en fonction de la faute commise. Ne vous laissez pas insulter par votre enfant. En aucune circonstance. Le respect est sacré.

Ne soyez pas l’un de ces parents qui prennent la parole de leur rejeton pour vérité gravée dans le marbre.

Qui aime bien, châtie bien ! C’est bien ce que l’on dit ?

 

Confrontez-le et ne soyez pas bêtement émotionnel. Analysez toutes les informations reçues de toutes les parties avant de vous précipiter pour le défendre. Car les enfants mentent. Et s’il vous dit que son professeur lui donne des mauvaises notes parce qu’il n’aime pas les arabes; n’écrivez pas au rectorat immédiatement pour dénoncer son racisme mais enquêtez auprès d’autres parents, d’autres élèves.

 

Osez le bon sens !

Magson de Pazou
claireyvesandreas@gmail.com

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