Comment limiter la baisse de concentration des enfants ?

 

 

La motivation et la concentration sont deux éléments clés de la réussite scolaire de votre enfant. Elles ne sont pas systématiques et varient en fonction de plusieurs facteurs comme leur génétique, leur âge, leur poids, leur qualité de sommeil, leur satiété, leur état de fatigue, leur intérêt pour la discipline, leurs interactions avec leur professeur à l’école, le climat familial…

La baisse de concentration affecte tous les élèves et il faut intégrer ces périodes d’inattention, de relâchement dans le programme d’apprentissage des enfants si l’on veut obtenir le meilleur d’eux. Nul ne peut être concentré à 100% pendant des heures consécutivement. L’organisme humain a des limites et cela a été scientifiquement prouvé par Norman Mackworth dans les années 40. La baisse de concentration est inéluctable. Comment la limiter ?

 

Test de Mackworth

La Mackworth Clock est un appareil expérimental utilisé dans le domaine de la psychologie expérimentale pour étudier les effets de la surveillance à long terme sur la détection de signaux. Il a été créé à l’origine par Norman Mackworth en tant que simulation expérimentale de surveillance à long terme par des opérateurs de radar dans l’armée de l’air britannique pendant la Seconde Guerre mondiale… L’horloge Mackworth a été utilisée pour établir l’une des découvertes fondamentales sur la vigilance et l’attention: la décrémentation de la vigilance, c’est-à-dire que la précision de la détection du signal diminue considérablement après 30 minutes de travail. Le test continue d’être utilisé aujourd’hui dans la recherche sur la vigilance sous différentes formes, y compris des versions informatisées.

Source : wikipedia

 

 

 

En résumé : la vigilance baisse significativement au bout de 30 minutes

 

 

Il est donc fondamental de prendre ces données en considération quand votre enfant prend des cours de soutien scolaire à domicile. Accepter le fait que l’enfant perdra progressivement son attention en moyenne, au bout d’une demi- heure et optimiser sa session de travail de telle manière qu’il/elle puisse rentabiliser efficacement son apprentissage. L’idée est de réduire au mieux cette dégradation progressive d’attention.

 

 

Aménager des pauses pendant les sessions

 

Les pauses ou phases de relâchement doivent prendre 5 à 15 minutes en fonction principalement de l’âge des enfants. Elles sont indispensables pour son acquisition de savoirs.

Une session de travail devrait durer 2 heures quelque soit le niveau scolaire de l’enfant. C’est un élément fondamental du suivi de votre enfant.
Une heure ? C’est beaucoup trop court car il faut prendre le temps d’apprendre; lire, expliquer, questionner, réexpliquer, démontrer par un ou plusieurs exemples, faire faire un exercice assisté puis donner un ou plusieurs exercices d’application pour que l’enfant assimile et enfin lui faire faire une reformulation ou un résumé de la leçon apprise… En une heure, a-t-on véritablement le temps de “prendre son temps” pour bien transmettre son savoir ?

Par conséquent, un parent doit accepter le fait que les périodes de “déchets”; relâchement, détachement, inattention, aération, recréation, oxygénisation de l’esprit,… font partie de l’activité du cerveau et ne peuvent être supprimées de la durée de travail. Elles sont discontinues et variables; il doit accepter de payer pour ces temps morts, improductives mais inévitables.

Un enfant au CP aura généralement entre 25 – 40 minutes effectives de concentration optimale sur la durée préconisée de 2 heures. A contrario, un élève de Terminale en période de préparation du Bac, entre 1h20 – 1h45.

Vous devez aussi noter que la concentration n’est ni linéaire, ni constante, ni stable. Même à son pic, elle oscille; le cerveau décroche assez souvent pour mieux se focaliser après coup. L’on peut dire qu’il effectue des respirations. La courbe est plutôt sinusoïdale avec des temps de forte concentration discontinus, des temps de relâchement discontinus, puis de forte concentration et de relâchement et ainsi de suite… la période faste sera donc un plateau avec de phases ondulatoires internes, variant en intensité en fonction des facteurs mentionnés au-dessus. Progressivement, l’attention décroitra mais toujours avec des oscillations . Un peu comme une batterie qui se décharge.

Plus l’enfant est intéressé, motivé, plus son attention et donc les périodes fastes de concentration seront nombreuses et longues; moins il le sera, plus les périodes de relâchement et de fatigue mentale s’allongeront. Capter l’attention, faciliter la concentration sont donc des exercices très pointilleux et le moindre hic peut nuire considérablement au résultat.

 

Que faudrait-il faire pour améliorer sa concentration ?

 

Faire preuve de bon sens. Programmer idéalement les cours en début de journée et en fin de journée, le week-end; l’enfant est plus éveillé, son esprit plus frais. L’overdose de tout nuit. L’enfant a déjà une profession : élève. du lundi au vendredi, il va à l’école. Il faut tenir compte de ce fait et éviter d’accumuler des heures de soutien scolaire dans son programme de révision le week-end. Encourager son enfant et lui aménager des plages de jeux, de divertissement, et de poursuite de centres d’intérêts personnels. Soyez présents sans être envahissants; facile à dire, difficile à faire. A l’évidence, faire le maximum pour rendre l’environnement d’apprentissage confortable ne peut que favoriser leur concentration.

 

S’assurer qu’il/elle s’est bien restauré (e) avant de démarrer le cours. Un battement d’une heure au moins est nécessaire entre la fin du repas et le début pour cours afin de laisser passer les premières étapes de la digestion. Une bonne hygiène de vie (bonne quantité de sommeil quotidien, bonne alimentation, pratique d’une activité sportive indispensable à leur développement, …) est essentielle pour que l’enfant soit le plus apte possible quand viendra le moment de travailler.

 

S’assurer des qualités pédagogiques de l’enseignant. Les enfants par nature sont curieux et le contact d’un apprenant enthousiaste, créatif, compétent, et à l’écoute les aideront à apprécier leur apprentissage, voire à susciter des vocations. L’apprentissage doit être joyeux dans la mesure du possible. A l’évidence, plus l’enfant prend du plaisir à apprendre, meilleure sera son assimilation. Le jeu pour les plus jeunes est un élément central de leur éducation. Le tuteur scolaire devra donc s’adapter à son public. Le meilleur professeur au monde ne pourra jamais tirer le maximum de ses élèves s’il est ennuyeux.

 

Apprendre en groupe est un bon moyen de susciter l’intérêt, la motivation de l’enfant. L’émulation du groupe de travail, l’esprit de compétition l’encourageront à travailler davantage. L’enfant en difficulté aura à cœur de rattraper son retard et l’élève brillant aura envie de maintenir son haut niveau et ne pas être rejoint. Cette interaction tire tout le monde vers haut et par conséquent, bénéficie à toutes les parties. Le fait d’apprendre avec un ami facilite l’assimilation; les élèves pouvant au besoin se transformer eux-mêmes en enseignant pour leurs camarades pour leur réexpliquer des notions qu’ils n’auront pas saisies. Il est néanmoins important d’avoir un encadrant, un tuteur scolaire pour gérer le groupe de travail, organiser le travail et s’assurer que le travail demeure l’objectif premier et commun de ce regroupement.

 

Éviter la robotisation de l’esprit. Varier ses méthodes d’apprentissage en y incorporant par exemple des cas pratiques, des illustrations, des dessins, des comparaisons avec la vie courante. Ne pas toujours apprendre aux mêmes heures pour l’enfant. Acheter un tableau à votre enfant pour qu’il ait un autre plan où visualiser ses calculs. Proposer des méthodes de lecture distrayantes comme les jeux de rôles, une présentation d’un livre devant la famille rassemblée chaque mois, ou l’enregistrement d’un livre audio pour les petits qui apprennent à lire.

 

Assumer et planifier les périodes de relâchement lors du cours à domicile. Donner des pauses de rafraîchissement, divertir les enfants pendant quelques minutes, alterner leçons et exercices régulièrement, demander des reformulations, pour les plus jeunes organiser des jeux ou une pause de restauration (goûter, jus de fruits…). Plus ils sont jeunes, plus vite ils fatigueront, plus vite plus ils décrocheront, plus attentif et réactif le tuteur scolaire devra être pour gérer ces fluctuations fréquentes de concentration et éviter de les perdre définitivement.

 

Yannick D

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