S’endetter pour étudier ?

La question doit être posée et tout étudiant se doit de se la poser. A priori, l’on doit se donner un maximum de chances de réussir professionnellement et ce n’est pas de gaieté de cœur que les étudiants s’endettent. L’agence Standard and Poor déclare le montant de 1500 milliards de crédits accordés aux étudiants américains. En France, en 2013, la dette étudiante s’élevait à 3 milliards d’euros.

 

 

 

Les experts financiers craignent des défauts de paiements de leurs créanciers et à juste titre; des millions d’étudiants sont à risque et pourraient ne pas payer leurs dettes. Ce qui aboutirait à terme à une crise majeure comparable à celle des subprimes de 2008.

 

A l’évidence, la démocratisation des études supérieures et l’accès aux crédits concourent à créer et gonfler cette bulle financière. Les banques prêtent à des clients qui ne sont pas certains de rembourser leurs dettes. 66% de cette dette étudiante est détenue par des femmes, de jeunes étudiantes qui s’orientent vers des domaines économiques ne présentant pas de véritables débouchés d’emplois rémunérateurs.

 

Logiquement, prendre une dette de dizaine de milliers d’euros à payer sur une période de 10 à 15 ans lorsqu’on est une future sociologue, anthropologue ou une diplômée d’un master snob en études interculturelles franco-espagnoles, n’aidera pas à s’acquitter de sa dette facilement.

 

Emprunter de l’argent à quelque banque, quand vous êtes un élève ingénieur, un interne en médecine ou lorsqu’on fait un BTS en plomberie, est une garantie de remboursement.

 

Le problème n’est pas de s’endetter pour étudier. Le problème c’est quelles études vous faites pour vous permettre de vous endetter ? Les universités recèlent de formations décorrélées du réel, de la réalité économique, des besoins des entreprises. L’inflation des diplômes, la diplomite aiguë française poussent au crime et précipitent le futur de jeunes étudiants dans les rigoles du surendettement, de la pauvreté.

 

Donc, endettez-vous raisonnablement si vos études vous offrent des débouchés économiques en terme d’emplois de qualité, dans un secteur assez stable ou en croissance. Autrement, procédez par étapes si vous n’avez pas les moyens. Arrêtez vos études au niveau BTS, allez travailler et au sein de votre entreprise, faites une demande de formation en alternance par exemple pour obtenir les licences professionnelles voire davantage.

 

Vous devriez aussi pendant vos études travailler davantage pour limiter le montant de votre endettement au maximum. Évidemment, certaines études très poussées nécessitent une concentration extrême et vous ne pourrez pas facilement vous démultiplier. Avoir un emploi de professeur à domicile peut aussi être un moyen de réviser vos leçons au contact des élèves que vous suivez et de gagner de l’argent pour financer votre vie étudiante.

 

Soyez débrouillards, pragmatiques et focalisés. Inutile de prendre un emprunt pour financer un permis de conduire quand vous pouvez le faire en travaillant pendant les week-ends et les périodes de vacances. Le moins vous empruntez, le moins longtemps vous remboursez, le moins cher cela vous coûte en terme d’intérêts. Car vous devrez le rembourser, in fine. Et si ce n’est pas vous, ce sera votre cautionnaire, vos parents.

 

Pour ceux et celles qui remplissent les amphithéâtres pour gloser sur les verbigérations germanopratines d’ergophobes zooredondants (abondance de paroles vides de sens de personnes snobes ayant une véritable répugnance pour le travail et qui se citent bêtement les uns les autres)  ; vous êtes déjà bien partis pour le chômage, inutile de prendre un raccourci.

 

Osez le bon sens !

Yannick DJEUGOUE

lebledardparle@gmail.com

 

 

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