Le calcul et la lecture, des fondamentaux essentiels

calcul

Le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco), a publié 12 fiches synthétiques sur ses principales propositions pour améliorer le système scolaire et favoriser la réussite des élèves d’après ce qu’il a évalué depuis sa création il y a trois ans. Dans ces fiches on retrouve deux fondamentaux essentiels : le calcul et la lecture. Deux notions que l’on apprend en bas âge et qui sont déterminantes pour l’avenir.

Améliorer l’apprentissage des nombres et du calcul en primaire

La maitrise de ces fondamentaux est nécessaire dans le parcours scolaire des élèves et ensuite dans la vie de tous les jours et la vie professionnelle. Cependant de nombreuses études démontrent qu’aujourd’hui ces notions ne sont souvent pas bien acquises et que les élèves rencontrent des difficultés récurrentes. Le Cnesco préconise huit recommandations pour y remédier. Parmi celles-ci, des choses à mettre en place dans les salles de classe en utilisant notamment la manipulation d’objets tout au long du primaire et pas seulement en maternelle et en s’appuyant sur l’oral, mais également à la maison en encourageant les parents à proposer à leurs enfants des situations ludiques contribuant à l’apprentissage des nombres mais aussi utiliser des ressources en ligne qui peuvent être utilisées pour poursuivre le travail effectué à l’école.

 

Comprendre ce que l’on lit

Comme le calcul, la maitrise de la lecture et sa compréhension est un élément essentiel de la réussite scolaire. Malheureusement là aussi de nombreux enfants et jeunes rencontrent des difficultés. D’après différentes études menées le constat est alarmant : en 2015 40 % des élèves sont en difficulté à la fin du primaire, à l’entrée en 6e un élève sur cinq avait des difficultés liées à la connaissance de mots du langage courant et 40,5 % des élèves de 15 ans et plus ne maitrisent pas la lecture. Les recommandations du Cnesco s’articulent autour de 6 axes :
– Identifier les mots
– Développer la compréhension
– Préparée l’entrée en littérature
– Lire pour apprendre
– Lire à l’heure numérique
– Prendre en compte la diversité des élèves
Ces différents axes ont pour but d’aider les jeunes dans l’apprentissage de la lecture et dans l’acquisition du vocabulaire nécessaire pour la compréhension.

Les bienfaits de la lecture

bienfaits lecture - ClaireYvesAndré soutien scolaire

 

Les deux mois de vacances d’été sont propices à la détente. La lecture est un plaisir qui permet de continuer à stimuler l’apprentissage des enfants sans se plonger dans des exercices scolaires. Un excellent remède d’été aux multiples bienfaits.

 

Einstein disait à propos de la lecture : « si vous voulez que vos enfants soient intelligents, lisez-leur des contes de fée. Si vous voulez qu’ils soient plus intelligents, lisez-leur plus de contes de fée ».

 

Transmettre le plaisir de lire

Il est primordial d’encourager son enfant à lire. Et il n’est pas nécessaire de les inciter à dévorer toute les grandes œuvres de la littérature française pour que cette activité soit bénéfique ! En effet il faut avant tout qu’ils aient le plaisir de lire, et qui sait, peut-être viendront-ils d’eux-mêmes à la lecture des classiques. Mais quel que soit, le ou les livres qu’ils choisissent, cette activité sera bénéfique dans de multiples domaines. Neil Gaiman, écrivain britannique, avait donné une conférence en 2013 énonçant pourquoi selon lui « Notre futur dépend des bibliothèques, de la lecture et de l’imagination ». Au cours de cette conférence il explique l’importance du plaisir de lire : « La façon la plus simple de s’assurer que nous élevons des enfants instruits est de leur apprendre à lire et de leur montrer que la lecture est une activité agréable. Et cela signifie, à la base, trouver des livres qui leur plaisent, leur donner accès à ces livres et les laisser les lire. Je ne crois pas qu’il existe de mauvais livre pour enfants. (…) Les enfants savent trouver les histoires qu’ils ont besoin de trouver. Tout ce qu’ils aimeront lire les fera progresser vers le haut, un échelon après l’autre, vers l’instruction. »

 

Les bénéfices de la lecture

Si durant les premières années de scolarité l’apprentissage de la lecture est au cœur de l’enseignement, il faut ensuite savoir lire pour apprendre. La lecture permettra à l’enfant d’enrichir son vocabulaire, de se familiariser avec la grammaire, de développer son imaginaire et de développer l’empathie. En effet, la fiction développe l’empathie. Et l’empathie est, d’après la définition du Larousse « une faculté intuitive de se mettre à la place d’autrui, de percevoir ce qu’il ressent ». C’est ce qui nous permet de fonctionner ensemble et non plus seulement centré sur nous-mêmes.

Donc au-delà du bénéfice purement scolaire, la lecture et l’imagination sont source de bienfaits pour la société. Comme l’explique Neil Gaiman : « Nous tous – adultes et enfants, écrivains et lecteurs –, nous avons l’obligation de rêver. Une obligation d’imaginer. Il est facile de se conduire comme si personne ne pouvait rien changer, comme si nous étions dans un monde où la société est énorme et l’individu moins que rien ; un atome dans un mur, un grain de riz dans un champ. Mais la vérité, c’est que les individus changent sans cesse leur monde, les individus fabriquent l’avenir, et ils le font en imaginant que les choses peuvent être différentes ».

 

Si l’on profitait donc des congés d’été pour inciter les enfants à (re)nouer avec le plaisir de la lecture et ainsi participer à un monde meilleur.

 

M. Roizard

 

Un jeune sur dix en difficulté de lecture

difficultés-lecture#ClaireYvesAndré

 

D’après un rapport de la direction des études statistiques du ministère de l’Éducation, les difficultés de lecture des jeunes de 16 à 25 ans ont progressé entre 2014 et 2015 tant du côté des « très faibles » que des « médiocres »

 

Cela fait sept ans que les jeunes participant à la Journée de la Défense et de la Citoyenneté (JDC) sont soumis à un test de lecture. Ils doivent répondre à plusieurs séries de questions à l’aide d’un boitier électronique qui enregistre les réponses mais également dans certains cas, le temps de réponse. Quatre épreuves permettent d’établir cette étude : l’épreuve d’automaticité de lecture, l’épreuve de connaissance lexicale et enfin, deux épreuves de traitement complexe.

D’après les évaluations menées lors de la Journée de la Défense et de la Citoyenneté en 2015 sur 770 000 jeunes âgés de 16 à 25 ans, 9,9 % d’entre eux ont de « très faibles capacités de lecture » voire même sont en situation d’illettrisme et 9,4 % ont une maîtrise fragile de la lecture. L’étude révèle également une augmentation des « lecteurs médiocres » de près de 1 point (9,4 % en 2015 contre 8,6 % en 2014). Leur lecture est fonctionnelle grâce à une stratégie de compensation fructueuse. Ils ont su adapter leur vitesse de lecture, relire, maintenir un effort particulier d’attention en dépit de leur mauvaise automatisation des mécanismes de base de la lecture. Ces jeunes, qui rencontrent des difficultés sévères, pâtissent d’un déficit de vocabulaire.

 

« 4,3 % des jeunes rencontrent des difficultés sévères »

Plus le niveau d’études est élevé, moins ils rencontrent de difficultés. En effet, 42,7 % des jeunes qui peinent n’ont pas dépassé le collège contre 3,7 % pour ceux qui déclarent suivre des études générales ou technologiques au lycée.

Par ailleurs, il existe une réelle disparité en France. La fréquence des difficultés de lecture en France métropolitaine est plus prononcée dans les départements du Nord ou entourant l’Île-de-France. Et sur ce secteur la part des jeunes en difficulté varie de 4,6 % à Paris à 11,5 % en Seine-Saint-Denis. Outre-Mer, les pourcentages sont encore plus important avec environ 30 % pour la Guadeloupe, la Martinique et la Réunion et même 75 % à Mayotte. Ces comparaisons entre département doivent cependant être maniées avec précaution.

Ces résultats concernent les jeunes de nationalité française, qui représentent environ 96 % des générations scolarisées en France, cette proportion pouvant être sensiblement différente d’un département à l’autre. De plus, les jeunes participants à la JDC n’ont pas tous le même âge. « Certains jeunes, en proportion variable selon les départements ne se sont pas encore présentés à la JCD, et on sait qu’ils auront globalement de moins bons résultats que les autres » rappelle l’étude.

Le pourcentage de jeunes en grande difficulté est très différente selon le sexe : 11,3 % des garçons contre 8,4 % des filles. De fait les garçons réussissent moins bien les épreuves de compréhension et témoignent souvent d’un déficit des mécanismes de base de traitement du langage écrit. Cette disparité fille / garçon diminue avec le niveau d’études.

M. Roizard